Airbus A 400 M: Dommage ces défauts de jeunesse….

L’avion de transport militaire Airbus A 400 M, qui se caractérise par des moteurs à hélice et turbopropulseurs, a connu une gestation douloureuse du fait justement de l’adoption de cette technologie de propulseurs, abandonnée depuis longtemps pour les avions de transport au profit des réacteurs, mais qui offre pour un avion de transport militaire pour lequel la vitesse n’est pas un argument majeur, des qualités d’économie appréciables .Sauf qu’il n’existait plus sur la marché de turbopropulseurs modernes de cette taille et que donc il a fallu les concevoir à partir de la feuille blanche avec les difficultés inhérentes à toute création technique.

Les difficultés de développement, essentiellement liées au propulseur, ont coûté quand même 5,3 milliards d’euros de surcoûts que les donneurs d’ordres, après de difficiles négociations, ont transformés en diminution du nombre d’appareils livrés et en report de dates de livraison. Ceci dit l’avion semble bien né, de l’avis de ses premiers utilisateurs, et offre des perspectives commerciales prometteuses sur un créneau où il n’existe pas d’avion concurrent. Ce n’est pas si fréquent qu’il ne faille pas le saluer.

Les premiers appareils livrés ont montré un niveau de qualité que certains, les français ou les anglais, ont trouvé acceptable pour un avion nouveau et les autres, les allemands, inacceptables. 875 défauts quand même enregistrés sur la première livraison en Allemagne! Par ailleurs, les modèles livrés jusqu’à maintenant était du type le plus basique, le transport de base d’un point à un autre sur des aéroports de campagnes alors que les besoins militaires sont bien plus larges avec le largage des matériels et marchandises transportés, de parachutistes, ou pour le ravitaillement en carburant. Ces modèles là devraient sortir des chaines de montage de Seville cette année mais,nécessiteront des développements et donc des dépenses supplémentaires non prévues et difficile à assumer par ces temps de restrictions budgétaire.

Le PDG de l’ex EADS,Tom Enders, a jugé que « trop c’était trop »  et ce jugement a coûté sa place au responsable des avions militaires d’Airbus Group,l’espagnol Domingo Urena-Raso.Ces retards divers couteront à Airbus de 200 à 500 millions d’euros qu’il sera difficile de faire accepter aux politiques qui savent beaucoup mieux se plaindre des surcoûts industriels que d’agir sur les leurs propres.

Décidément Airbus n’est pas très bon, comme on a pu s’en apercevoir pour l’A 380, pour maîtriser une production nouvelle. Si j’étais un client potentiel, je crois en effet que j’attendrais que le constructeur et les premiers clients prennent en charge l’essuyage des plâtres. Dommage quand même…