Hormonocratie

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Connaissez-vous le paradoxe de la Grenouille… Qu’on trouve parfois sous le terme « allégorie » ? C’est l’histoire d’un batracien qu’on met dans une casserole, et la casserole sur le feu. L’eau chauffe, mais comme la bestiole ne se rend pas compte du changement de son environnement, elle reste dans son jus et se laisse bouillir. Alors que, balancée dans une bassine de liquide bouillant, elle aurait fait un bond, pour échapper à ce destin funeste. Cette allégorie parle d’habitude…

J’avais écrit un article qui parlait du gouvernement par le sanglot… J’avais parlé de cette insupportable dictature de l’émotion… Est venu le temps d’évoquer celui du régime de l’hormone.

L’hormone est indispensable à l’homme autant que l’eau qu’il absorbe (et, des fois, un bon petit Viognier vendanges tardives). C’est le fluide qui met de l’huile (de truffe ?) dans les rouages comportementaux. Certains courent du matin au soir, histoire de se shooter aux endorphines. D’autres se collent à tout ce qui bouge à grand coup d’ocytocine. Y en a même qui s’étourdissent au coup de foudre, histoire de se gaver de dopamine… C’est dire le pouvoir de ces substances, interdites aux sportifs, sur nos humeurs et nos émotions.

En ce moment, Facebook fonctionne à l’adrénaline. C’est devenu le lieu qui pue la production des glandes surrénales. Enfin… « devenu »… ça l’a toujours été, plus ou moins.

Pour en revenir à ma grenouille (bien frenchie), que, personnellement, je préfère au beurre, à l’ail et au persil… Gaza a mis la bestiole en état de choc. La voilà qui bondit sur toute parole raisonnée. Elle crache son venin (comme le crapaud-buffle). Si au moins toute cette indignation servait à quelque chose… Mais c’est illusion de penser que, de ce p’tit coin du monde qu’est la France, va se lever une armée de pacifistes ou de mercenaires près à en découdre, selon les convictions, avec l’un ou l’autre des camps. Le pays est bien trop installé dans une situation, somme-toute assez confortable, pour qu’il prenne le risque de se passer de ses téloches grand-écran (sur lesquelles mater inlassablement le corps d’enfants martyrisés) et de tous les téléphones portables qui se baladent dans les poches (avec lesquels balancer des insultes sur les réseaux sociaux).

Mais se rendent-ils compte, tous ceux qu’une indignation submerge que 16500 enfants meurent chaque jour de faim, que 34000 personnes meurent chaque jour à cause du manque d’eau potable ? Ça en fait « des Gaza » ! Se rendent-ils compte, tous ces indignés de clavier que les guerres qui secouent l’humanité sont liées à la misère endémique qui sévit encore ? Et qu’assurer le gite, le couvert, l’éducation et la sécurité à l’ensemble de l’humanité enverrait (peut-être) les kalachnikovs à la casse ? Parce que ça, c’est l’eau qui monte en température tout doucettement…

Ma grenouille, après avoir fait un bond réflexe, elle va retourner se poser le popotin dans la casserole qui est sur le feu…

Pour moi, la compassion, c’est « être avec » dans la souffrance, ce n’est pas être passionnément con. Et ça, l’hormone de la connerie, elle ne me parait en voie de disparition…

Crapaud


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Délires et chuchotements… : Ecrits et cris >> Un peu de fantaisie dans un monde fou…
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