Peut-on miser sur l’informatique tout en ligne pour les utilisateurs itinérants ?

Nous sommes en 2015, après des années d’éparpillement des ressources machines grâce à la révolution de l’ordinateur personnel, les technologies de l’informatique ont effectué un retour de balancier vers la centralisation dans le cloud. Ce fameux nuage bien vaporeux et si prometteur.

Force est de constater que cette informatique en ligne procure bien des avantages aux utilisateurs. Je vais délimiter le contexte de cet article à l’utilisation par des professionnels dont l’activité les amène souvent à se déplacer au travers de notre beau pays pour aller à la rencontre de leurs clients.

Je ne rentrerais pas ici non plus dans des considérations sur le bien fondé de l’informatique en ligne. Je pars du principe qu’il s’agit d’une informatique maîtrisée par l’entreprise dont elle en assure elle-même ou grâce à un tiers la mise à disposition à ses salariées depuis un data center en France. Idéalement, il s’agit d’une informatique basée sur des logiciels libres ou en tout cas qui utilise un maximum de composants sous cette licence.

La mise à disposition des applications peut être faite grâce à des applications basées sur des technologies du web et ne nécessitant qu’un navigateur pour s’y connecter ou encore des solutions de bureau à distance comme celles de MicrosoftCitrix ou Dotriver pour ceux qui veulent utiliser du logiciel libre. Sur la mise à disposition de bureaux à distance basés sur du logiciel libre, je citerais également Ulteo, mais presque pour mémoire. Son rachat par un hébergeur normand récent pose question quant à la pérennité de la solution d’après des retours d’utilisateurs en tout cas pour une utilisation sur ses propres serveurs.

Pour compléter le décor, notre utilisateur type se déplace donc avec un ordinateur portable et une connexion 3G ou 4G un peu partout en France. La question est maintenant de savoir s’il est en mesure de remplir ses missions avec toutes ses applications professionnelles en ligne. Pour faire simple pas de connexion internet, pas d’applications. Il ne lui reste que le socle local de son ordinateur, soit au mieux des applications bureautiques.

La qualité de couverture des offres 3G et 4G devient un critère essentiel pour le bon fonctionnement des applications délivrées. A ce sujet, l’ARCEP a lancé le 27 mai 2014 une enquête administrative à l’encontre des principaux opérateurs de téléphonie : Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR relative au déploiement de la 3G en zone rurale.

« Seul 25 % du programme a été réalisé par les trois premiers opérateurs », alors qu’il devait être achevé fin 2013, regrette l’ARCEP. En 2010, les trois opérateurs d’alors s’étaient engagés « à déployer un réseau 3G commun dans environ 3 500 communes rurales ». L’ARCEP veut aussi « s’assurer que Free Mobile met en œuvre les moyens nécessaires pour rejoindre » ce programme.

Les couvertures offertes par les opérateurs sont disparates selon les technologies. L’ARCEP a publié en juillet 2014 son observatoire sur la couverture et la qualité des services mobiles. Le chiffre de couverture du territoire oscille entre 97,3 % et 89,8 % selon les opérateurs. La couverture en pourcentage du territoire est celle qui nous intéresse le plus dans la cas présent.

En ce qui concerne la 4G, il reste encore du chemin à faire surtout en terme de couverture du territoire.

Ces données sont hélas peu récentes. Des mises à jour devaient être publiées, je n’en ai pas trouvé trace. Si vous avez des informations fraîches à ce sujet, je suis preneur.

La vue de ces graphiques est à croiser avec les cartes précises de couverture et à la zone de déplacement des itinérants. S’il se déplace essentiellement en milieu urbain, la probabilité de pouvoir se connecter est proche de 100 %. Personnellement c’est mon cas et j’ai toujours pu me connecter même si parfois les débits sont faibles. Quant à ceux qui doivent se rendre en zone rurale, la disponibilité d’une connexion risque d’être plus problématique.