Brèves de blog pétrolières

  • L‘Irak et son pouvoir central n’apprécie pas du tout la tentative de la région autonome du Kurdistan de se comporter comme tel dans le domaine pétrolier. La dite région a déjà traité directement avec tel ou tel pétrolier pour leur accorder des permis d’exploration dans une zone qui est réputée être riche de gisements potentiels. Elles restent prudentes connaissant l’opposition du pouvoir central mais ont réussi à menager la chèvre et le chou en accordant au pouvoir central des investissements qui leur tiennent à coeur moyennant un blanc seing pour tel ou tel accord au Kurdistan.
    Par ailleurs la Turquie qui a une zone kurde importante sur son territoire, a des besoins importants en energie pour alimenter son développement économique et a déjà pu apprécier les rentrées d’argent liées au seul passage du pétrole ou du gaz sur son territoire. Elle joue, semble t il, un double jeu pour capter les retombées potentielles offertes par les uns et les autres.
    Son arme c’est le tuyau, le BTC, Bakou Tbilissi Ceyhan! L’oléoduc qui amène vers le méditerrannée via le port turc de Ceyhan le pétrole de la Caspienne et qui passe juste au nord du Kurdistan irakien de l’autre coté de la frontière turco- irakienne.
    Tout ceci vient de se traduire par l’arrivée au port de Ceyhan par le BTC des premiers barils de brut en provenance du kurdistan irakien. Fureur du gouvernement central de Bagdad qui vient de porter plainte contre la Turquie.
    A suivre…
  • Vous savez qu’en Europe et en France en particulier, l’industrie du raffinage va mal et qu’içi ou là on apprend que telle ou telle raffinerie va fermer avec les problèmes sociaux que cela pose
    La faute aux coût du travail en Europe, aux contraintes nouvelles permanentes qui viennent ajouter aux prix de revient et à la baisse de la demande. Et puis les pays producteurs sont passés en quelques décennies de producteurs et vendeurs de pétrole brut à des vendeurs de produits pétroliers finis avec, pour les produire, les raffineries qui vont avec.Des raffineries forcément compétitive car proche des gisements et proches des bassins de consommation qui progressent tous les ans. Pour ce faire il suffit de trouver le ou les pétroliers qui sont prêt à se battre entre eux pour disposer d’un nouvel investissement productif
    C’est le cas de Total qui vient de construire en Arabie Séoudite sur la côte est ,à Jubail, à trente kilomètres du Golfe persique une raffinerie ultra moderne en association 2 tiers/1 tiers avec la compagnie nationale, l’Aramco, qui en est l’actionnaire majoritaire et Total l’opérateur.La dite raffinerie est prévue traiter 400 000 barils/jours soit 20 millions de tonnes à comparer aux 12 millions de tonnes de celle de Gonfreville, la plus grosse de France.Elle aura couté 12 milliards de dollars et aura pris trois ans pour la construire.
    Ses atouts, la proximité de la ressource en brut, deux gisements, Safanya et Manifa, de bruts lourds et soufrés donc pas chers, situés à 150 km seulement et raccordés à la raffinerie par pipeline, et son bas coût de ce fait ,30 pct des dépenses de fonctionnement énergétiques contre 60 pct dans une raffinerie traditionnelle. La proximité des marchés asiatiques en accroissement permanent de la demande et la compétitivité de l’installation, la troisième plus compétitive des 200 raffineries à l’est de Suez.
    Bonne chance à Total pour ce nouvel investissement de poids dans son activité raffinage mondiale, en espérant qu’elle ne se traduira pas à terme par des fermetures d’autres raffineries européennes.
  • L’Agence Internationale de l’Energie, l’AIE, suit les consommations de pétrole partout dans le monde, d’une part, la demande donc, et d’autre part, l’évolution de la production pour s’assurer bien sur que la seconde precède la première de façon à satisfaire les besoins et à en maitriser les prix.
    Pour la première fois, elle se montre inquiète de la conjonction production/demande pour cette fin d’année. Il voit la demande mondiale continuer à progresser jusqu’à 92,8 millions de barils/jour en hausse de 1,32 millions de barils de plus par rapport à décembre 2013.
    La faute à l’Allemagne, aux Etats Unis, le Royaume Uni et le Japon sans compter un effet de restockage en… Chine.
    Ce cri d’alarme, outre le déséquilibre effectif qu’il annonce pour 2015, vise a mettre la pression sur les membres de l’Opep pour qu’ils augmentent leur production à 30 millions de barils/jour car, dit elle, les Non Opep ne seront pas capable de pallier à cet accroissement de demande entre le retard pris par l’exploitation du mégagisement de Kashagan, au Kazakhstan, les tensions entre les deux Soudans ou les problèmes de la Colombie. Sans compter les difficultés récurrentes en Lybie, les problèmes de sécurité en Irak et les problèmes technique içi ou là.
    Pour équilibrer demande et consommation, il faudrait que les Opep trouvent 1 million de barils/jour d’içi fin 2014. Traditionnellement c’était l’Arabie Saoudite qui bouchait le trou comme « swing producer ». L’Opep doit se réunir dans quelques jours pour en discuter. A suivre de près! Car sinon Noêl risque d’être froid…ou cher