Brèves de Blog…Gazière

  • Total a prévu de renforcer son outil de raffinage situé à proximité de ressources et, a contrario, de diminuer son exposition au raffinage européen en faisant croitre sa proportion de capitaux investis dans ces zones. C’est ainsi que le capital investi dans la zone Asie-Moyen Orient est prévu passer de 15pct en 2011 à 30 pct en 2017, grace à d’énormes investissements dans ces zones comme celui ci dessus.
    Autre zone qui offre des perspectives brillantes, les Etats Unis, du fait du bas coût….des gaz de schistes bien sur, particulièrement attractif comme matière première de la pétrochimie.Il permet en effet , moyennant des modifications dans le design des vapocraqueurs, de s’abstraire du naphta, matière première traditionnelle de la pétrochimie issu du pétrole, au profit de l’Ethane, présent dans les gaz de schistes ou comme gaz de puits non utilisés au Moyen Orient.
    C’est ainsi que la plateforme pétrochimique de Port Arthur au Texas dont les propriétaires sont la BASF et Total, vient de bénéficier d’une conversion de son vapocraqueur pour passer de la production d’éthylène à l’éthane et de la construction d’un dixième four.
    Une modification significative de la pétrochimie qui va se traduire par l’exportation à partir des Etats Unis de toute une gamme de produits chimiques en direction de l’Europe au détriment…de la chimie européenne.
  • La Grande Bretagne a pris la décision depuis décembre 2012 et après consultation de son parti et du parti travailliste d’autoriser l’exploitation des gaz de schiste sur le territoire britannique avec l’intention de développer massivement cette nouvelle source d’énergie.Pour faciliter la chose , il a même accordé aux communes sur les territoire desquelles s’effectueraient les forages une compensation financière de 100 000 livres ou 850 000 euros et une participation de 1pct aux bénéfices dans le cas d’une mise en exploitation des gisements découverts.
    Des forages ont déjà commencés menés par la société britannique Cuadrilla dans le West Sussex à 30 km de Londres. La compagnie Centrica, l’équivalent de GDF en Angleterre s’est porté acquéreur,d’un permis. Le français GDF Suez a annoncé en octobre 2013 une prise de participation minoritaire dans 13 permis dans l’ouest de l’Angleterre,dans le Lancashire. Quant à Total, il vient d’annoncer avoir pris une participation de 40 pct dans deux permis dans l’est de l’Angleterre, dans la bassin de Gainsborough Trough supposée être une zone à fort potentiel
  • En Allemagne, on en est au même point qu’en France en ce qui concerne l’autorisation de l’exploitation des gaz de schistes, c’est à dire pas d’autorisation, à ceci près que les allemands n’ont pas enterré le sujet et étudient encore la question. Le Ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel vient de transmettre au parlement pour examen avant la fin de la session parlementaire d’un projet autorisant la fracturation hydraulique sur 86 pct du territoire allemand, à l’exception des  zones humides protégées et après accord des autorités régionales qui vont se retrouver de ce fait en premiere ligne. Seront elles plus souple qu’une législation nationale? L’avenir le dira mais visiblement le gouvernement allemand compte dessus!
    Pour information, les réserves de gaz de schistes allemandea sont estimées à 476 milliards de m3, soit 6 ans de consommation
  • Toujours dans les schistes, mais le pétrole de schiste cette fois, Total et le second pétrolier russe Lukoil viennent de s’associer pour rechercher et exploiter des pétroles de schistes en Sibérie occidentale dans le bassin dit de Bajenov dont les réserves sont estiméees à 35 milliards de barils.Dans la même zone mais sur d’autres permis Rosneft s’est associé à ExxonMobil et Statoil et Gazprom s’est associé à Shell.
  • Les gaz de schistes américains, même si, comme ci dessus, ils permettent à l’industrie chimique américaine de reprendre du poil de la bête, vont globalement coûter très chers aux majors du pétrole. Ces derniers en effet, sans doute du fait d’une certaine suffisance technique, avaient manqué l’émergence de ces ressources nouvelles qui ont surtout été développées par de nouveaux intervenants dans l’exploration pétrolière
    • Les dites majors s’y sont donc mises avec retard et on voulu combler ce retard en rachetant, souvent à prix d’or, soit les dites sociétés soit des parts des gisements découverts. Pas de chance pour eux, du fait de l’afflux de gaz sur le marché les prix du gaz ont baissé dramatiquement aux Etats Unis (de 13 dollars le million de BTU en 2008 à 2 en 2012!) et avec eux la valorisation des gisements ou des sociétés rachetées dans les comptes de nos majors!
      C’est ainsi que Shell par exemple qui avait dépensé 24 milliards de dollars en Amérique du Nord en a déprécié 2,1 l’année dernière et en prévoit de nouvelles pour les années à venir. Son ex patron a même déclaré que l’un de ses plus grand regrets était d’avoir fait ces investissements.

    Même topo pour BP qui a annoncé vouloir filialiser ces actifs pour… les rendre plus agiles, synonyme de vente potentielle

    • ExxonMobil qui a racheté XTO Energy en 2010 pour….35 milliards de dollars et n’a rien provisionné pour l’instant, a été interpellé par la SEC, l’autorité des marchés financiers américains, et a justifié son absence de provisionnement par la perspective d’une hausse du prix du gaz!

    Pour ce faire, l’arme absolue serait….d’en exporter ce qui en ferait baisser la disponibilité aux Etats Unis et monter les prix.Mais cela nécessiterait des installations de liquéfaction de ce gaz et des installations portuaires pour accueillir des méthaniers. C’est effectivement en cours (grace à GDF Suez!)  dans le golfe du Mexique mais ca prendra encore quelque temps….En attendant ca rame dans le gaz aux Etats Unis!

    • Au total ce sont 15 milliards de dollars partis en fumée dans les comptes des pétroliers. Heureusement, ils sont solides, mais tout de même