Caisses de retraites complémentaires Agirc et Arrco

C’est une fois de plus à la Cour des Comptes que revient « l’honneur » de pointer le déficit structurel des caisses de retraites complémentaires Agirc et Arrco et de proposer de réformer le régime des retraites.

Les déficits courent toujours et s’amplifient. La Cour note pour 2013 un trou de 4,4 milliards d’euros et prévoit 5,3 milliards pour 2014.

En projetant les comptes de plus en plus loin, on arriverait à un déficit de 15 milliards en 2030, soit un déficit cumulé de 100 milliards et qui pourrait atteindre les 390 milliards en 2040.

Or voici les comptes de l’Agirc-Arrco en 2013

Arrco

Agirc

Ressources (cotisations, AGFF comprise)

+ 42,2 milliards

+ 19,1 milliards

Dépenses (pensions)

– 44 milliards

– 21,7 milliards

Transferts de solidarité Arrco -> Agirc

– 1,2 milliard

+ 1,2 milliard

Déficit « technique » (après transferts, avant résultats financiers)

– 3 milliards

– 1,4 milliard

Déficit net (après résultats financiers)

– 405 millions

– 1,24 milliard

Réserves fin 2013

55,4 milliards

9 milliards

On voit bien que les réserves de l’une comme de l’autre caisse ne peuvent plus faire face à ces retours annuels de déficits.

Déficits qui s’expliquent à la fois par l’arrivée à l’âge de la retraite du baby boom d’après guerre, couplée avec une bien mauvaise conjoncture, celle d’un chômage sans cesse croissant et enfin un allongement de l’espérance de vie continu.

La cour des comptes n’y va pas par quatre chemins, elle préconise « un recul de deux ans de l’âge de départ à la retraite ». L’âge légal étant à ce jour de 62 ans, il faudrait donc désormais attendre 64 ans pour prétendre à toucher sa retraite complémentaire.

A cela pourrait s’ajouter, comme cette seule mesure se révèlerait insuffisante, une diminution du montant des pensions et une augmentation des cotisations pour les actifs.

Bref de quoi mettre pas mal de monde à la rue, sachant que ces mesures ne dépendent pas du gouvernement mais des partenaires sociaux qui cogèrent ces deux caisses.