Centrales de secours et obligations de capacité

Je vous avais parlé en son temps de la difficulté qu’allait poser l’ouverture du marché de l’électricité à tous les producteurs européens pour couvrir la demande des consommateurs en période de grand froid. Dans le système précédent d’EDF comme fournisseur unique, c’était à notre électricien national de mettre en place les moyens appropriés pour couvrir la demande en tous temps.

Avec des fournisseurs multiples, EDF s’est trouvé dessaisi de ce rôle que l’Etat remplaça par une obligation de mettre en oeuvre un « dispositif de capacité » pour tous les électriciens pour couvrir les besoins de leurs clients. Plus facile à dire qu‘à faire en période de grand froid durant laquelle personne n’a d’excédent de capacité!

Heureusement arrivèrent les gaz de schistes américains qui par un effet de domino firent se déverser sur l’Europe des tonnes de charbon américain à bas prix, devenus non compétitifs aux Etats-Unis face à ces gaz de schistes

Il en résultat la fermeture de quasiment toutes les centrales à gaz de l’Union européenne et le redémarrage de centrales au charbon, au détriment des émissions de CO2 et de polluants divers.Notre continent est ainsi parsemé de centrales à gaz arrêtées et mise sous cocon en attendant que l’on fasse payer les pollueurs pour leurs émissions de CO2 en fixant un prix à la tonne de CO2 produite oui en interdisant définitivement l’usage du charbon.

C’est le cas de la centrale à gaz à cycle combiné (CCG) de 408 MW, la plus avancée techniquement, de l’énergéticien suisse Alpiq située à Bayet dans l’Allier, construite en 2011 pour un coût de 300 millions d’euros et mise sous cocon depuis

Direct Energie vient de la racheter à Alpiq à un prix cassé, 45 millions d’euros en pensant la faire fonctionner pour couvrir ses obligations de capacité à partir de 2016/17 où elles deviendront effectives. A 45 millions de prix d’achat, Direct Energie pense que les coûts complets de production, investissement compris, seront durablement compétitif avec ceux du seul fournisseur alternatif, en situation de pénurie, EDF.

Il n’est pas seul à le penser, puisque Engie ex GDFSuez a prévu de faire fonctionner ses centrales à gaz de Cycofos, sous cocon depuis 2013, de Montoir de Bretagne et de Combigolfe sur un tel rythme saisonnier et que KKR le fond d’investissement qui a racheté celles de Pont Sur Sambre et Toul à l’autrichien Verbund parie aussi sur ce mode de fonctionnement.

Il n’en reste pas moins que le risque est très grand de ne pas équilibrer les comptes et dans ce  cas là ce sera la fermeture et …la pénurie d’electricité par grand froid

Rendez vous au Printemps 2016…