Collège: une reforme, mais pour quoi?

C’est toujours surprenant de voir comment les choses nous sont présentés par les politiques,les médias et les syndicalistes enseignants sur ce sujet important et sensible pour tous les français.Car à tous les coups, on y va, comme d’habitude, à coup d’affirmations catégoriques, sans nécessairement rappeler sur quoi ce prurit d’action est basé et avec quels objectifs on vise  et comment on mesure les améliorations attendues.Non plus d’alleurs qu’en tirant les leçons du bouleversement précédent qui n’est pas encore terminé.

Souvenez vous il y a trois ans, le nouveau ministre de l’époque, Vincent Peillon, même pas assis dans son fauteuil, nous assénait ses solutions sans nous dire seulement pour régler quel problème. La solution,c’était la révision des rythmes scolaires, nous affirmait il, et vous alliez voir ce que vous alliez voir.C’était aussi l’ouverture vers les disciplines d’ouverture au monde et à la société. Quel était le problème? Le niveau des élèves aux évaluations européennes Prisa ou autres, ou leur ignorance crasse de telle ou telle matière? L’echec de ce que les français jugent comme la mission de l’école le savoir écrire, lire et compter correctement? La très mauvaise pratique des langues?

Que nenni! C’est la fatigue de nos chérubins qui ne regardent pas trop la télé, mais travaillent trop sans doute.C’est leur manque d’ouverture vers toutes sortes de problèmes d’adultes et d’activités d’éveil.Au moins notre ministre avait il vu quelque chose de juste en identifiant le primaire comme la source de tous les mots, ce que le rapport Langevin-Wallon avait déjà établi en 1955!!

Et  c’est ainsi qu’il nous a concocté la première réforme de l’enseignement de ce quinquennat, celle du primaire, par laquelle on a finalement fait faire plus d’heures à nos chérubins mais pas sur le Ecrire, Lire et Compter, sur les sujets d’éveils qu’il a lachement refourgués aux municipalités en créant des inégalités entre municipalités riches qui ont pu mettre en place ces « enseignements » et les municipalités plus pauvres qui n’ont pu le faire ou mal. Il est bien sur plus facile de mettre en place une formation à la voile à Enghien au bord du lac qu’au millieu de la Creuse.

Passons sur l’intérim de Monsieur Benoit Hamon qui n’a même pas fait une rentrée. Et puis voilà la charmante, souriante, et décontractée Najat Vallaud Belkacem, qui n’ a jamais enseignée elle même, mais connait très bien le discours politique et la communication et parle remarquablement bien. Le problème, c’est le collège. Ca doit être vrai puisque tout le monde le dit.Et de nous concocter, avec son équipe de pédagogos, la seconde réforme de l’enseignement de ce quinquennat. Pour s’occuper de régler pu d’améliorer le traitement de quel problème? La baisse du niveau en mathématiques de 15 à 19 pct d’élèves qui à la fin du collège ne savent pas résoudre un problème de niveau CM2?

Voyons, ce n’est pas ça le problème c’est la non résolution des inégalités sociales.Et la solution, ce sont les « enseignements pratiques interdisciplinaires », les ETI, la diminution des classes bilingues, le plus ou moins grave abandon du latin et du grec, et le retour à la vérité vrai de l’histoire vu par les politiques et les gens de Sciences Po, qui semblent avoir pris le dessus sur les énarques ces temps derniers.

Quel est l’objectif de cette réforme indispensable? On ne sait puisque on ne sait pas vraiment quel était le problème initial et que de toute façon on ne connait pas l’instrument de mesure pour mesurer son évolution. Rassurez vous, ce ne sera pas une amélioration de la compréhension des mathématiques. Ce sera une réduction par l’école des inégalités que de toutes façons on ne sait pas mesurer.

Quant aux choses pratiques, sur quels enseignements va t on prendre les enseignements interdisciplinaires, on verra ça quand ça sera prêts dans les décrets que l’on utilisera, avec un certain dédain de la démocratie, pour faire passer la réforme.