De la Closerie des Lilas au Mian Fan

Elle est pas drôle la vie ?

« La Closerie des Lilas », endroit mythique s’il en fut ! J’y croisais le parolier de génie  Etienne Roda-Gil et puis  Jean Bui, l’un des fils naturels du Bao Daï (ex empereur du Vietnam), qui m’invitait à d’autres bars, dont celui du Select et à qui je racontais mes premières amours avec mon Somchaï thaïlandais. Il m’encourageait à écrire son histoire : « appelle-la « frontiers », en anglais bien sûr » !. Plus tard j’écrivais « Théâtre d’ombres » et « Là où s’arrêtent les frontières » avec un Somchaï omni présent. A la « Closerie » je croisais aussi ma petite copine Romane Serda que j’avais photographiée lorsqu’elle n’avait pas plus de 17 ans, et qui venait de tomber amoureuse de Renaud qu’elle épousera plus tard. Croisé encore, mais dans un passé plus lointain, Jean Edern Hallier avec qui nous partirons en Tunisie :  Jullian et moi, lui et son secrétaire, plus un autre personnage… (elle est Doriane aujourd’hui,, l’héroïne perverse de mon roman en écriture), Jean Edern dans le désert tunisien, déjà aveugle, et caressant un bébé chèvre qu’un paysan lui avait mis dans les bras ! Jean Edern, quelques semaines avant de tomber de son vélo à Deauville ! (tombé ou poussé ?)

La « Closerie des Lilas » à deux pas de chez moi !

La « Closerie » où Jullian tire sa dernière révérence en juillet 2004, face à un jury littéraire alors qu’il s’apprête à remettre un prix. « Je me sens fatigué tout à coup » dit-il à Sylvie Genevoix qui l’accompagne (fille de Maurice Genevoix). Et il s’effondre devant un public qui attendait son discours. Mort en scène, tel un Molière !
La « Closerie des Lilas », je n’y retourne plus…

Les propriétaires actuels ont relancé depuis quelques années, « le prix de la closerie » Un prix de femme. Il y a deux jours, il y avait du monde à la Closerie, des « people », très show bizz moins drôle que celui des années 70/80 !

Moi, je suis avec Sylvie et François Jouffa, couple mythique. Lui a écrit la post face sublime de « UNE FEMME EN BLEU »… François, cinéaste, journaliste, spécialiste de toutes les musiques d’Asie, me rappelle comment nous nous sommes rencontrés trente ans plus tôt. Un certain Gilles Le Mouel –  tout jeune-homme en pompes Weston qui faisait de l’assistanat auprès de personnalités de radio dont Jullian – Gilles donc, m’avait recommandée auprès de François Jouffa, alors directeur de la radio FIP. J’étais en recherche de travail à l’époque. On ne s’était pas revus en 30 ans, mais… grâce à FB, les liens sont renoués.

Donc à ce dîner au Mian Fan, ma cantine chinoise, François me parle de Gilles le Mouel, journaliste, interviewer de grosses pointures du cinéma et de la littérature, on se rappelle quelques bons souvenirs. Il est 10 H du soir. La folle en chapeau commence à faire son show à la Closerie (je veux dire Amélie Nothomb), un personnage solitaire remonte le Boulevard Montparnasse et passe devant le « Mian Fan ». Tout à coup, François Jouffa se lève, se met à courir après le mystérieux personnage. Et il revient avec lui : c’est Gilles Le Mouel qui sortait de la Closerie !

J’espère que les oreilles de certains ont sifflé, dont un  barde « pouet pouet » (explication en privé seulement), quand on ne doute de rien, les oreilles de ces personnages ne sifflent jamais, bien trop concentrés sur eux-mêmes. Rires, moqueries, vacheries, Mme Li la propriétaire du « Mian Fan », nous offre la tournée tandis que les derniers clients s’éclipsent. Et qu’à minuit Gilles s’éloigne… il a toujours des pompes Weston !

Mme Li et le « Mian Fan », sont le cadre de quelques scènes de mon roman en écriture actuellement : UNE SI DOUCE APPARENCE : la fascination d’une femme pour une autre femme !

Elle est pas drôle la vie !