Dette: Et si nous nous appliquions les recettes exigées des Grecs?

A l’occasion du 14 juillet, notre Président s’est donné le beau rôle, face à deux interviewers mollassons, de nous dire comment, grâce à lui, le dossier grec avait pu trouver une conclusion finale et positive en restant dans la zone euro moyennant de faire passer en priorité les réformes de structures pour collecter enfin les impôts et taxes, faire passer l’age de la retraite à 67 ans, établir enfin un cadastre sérieux (il parait qu’avec les satellites, c’est plié en 3 à 6 mois !), document de base pour établir une fiscalité foncière, faire payer les armateurs et l’église orthodoxe etc.

Tout problème qui existent en Grèce depuis la naissance de la république il y a 150 ans et que les grecs n’ont jamais été capable de mettre en place depuis..

Bref si on l’écoutait c’était simple, YAPLUKA avait parlé et avait donné aux grecs la méthode à appliquer.

Quasiment en même temps sortaient les statistiques ci contre sur l’évolution de notre dette, que notre Président avait prise en charge en 2012 vers les 1600/1700 milliards et qu’il a réussi à monter en trois années à plus de 2000 milliards d’euros.
Nous en sommes à 2089 milliards d’euros de dettes dont 1647 pour l’état lui même,232 pour la Sécurité Sociale et 187 pour les collectivités locales.

Ces dernières se sont fait épinglées récemment par la Cour des Comptes  pour être les champions de la hausse, en particulier les régions dont l’endettement atteint désormais une année pleine de recettes et les communes qui en sont à une dette équivalente à 82 pct de leurs recettes. Des dettes et déficits dont on nous parle peu car ils n’intéressent pas, sauf exception, les populations locales non plus que les médias locaux. C’est un des inconvénients de la régionalisation d’avoir permis la création de petits royaumes et roitelets qui ne rendent de compte à personne, sauf aux banques. Même le pouvoir central, qui, lui, doit rendre des comptes à Bruxelles n’a aucune prise sur eux!

Comment se fait il que notre Président, qui vient nous faire publiquement l’éloge de ces mesures n’ait pas le bon sens, dans une situation similaire, de se les appliquer à lui même. Les Retraites où nous en sommes à 62 ans et ou nous avons même réintroduit, à son initiative, la possibilité de départ à 60 ans dans certains cas particulier? Pas de problème pour passer au régime grec à 67 ans non?

Et les réformes de structures pour diminuer les effectifs de fonctionnaires? Pas de problème puisque nous devrions pouvoir faire aussi bien que les grecs? Curieux tout de même qu’un Président partisan de l’orthodoxie budgétaire à l’extérieur de son pays, ne semble même pas penser à s’appliquer en interne à lui même les mêmes recommandations qu’il n’hésite pas à distribuer largement à ses collègues? Curieux également que nos journalistes les plus brillants (en principe) ne soient pas capable de lui en faire la remarque à l’occasion?