Economie :Le temps se couvre…

Nous vivons en Europe et dans le monde occidental une période faste sur le plan économique qui est lié à trois phénomènes concomitants, la baisse brutale et considérable du prix du pétrole ou du gaz d’une part, la baisse de l’euro par rapport au dollar qui est la monnaie de référence dans beaucoup de marchés internationaux d’autre part et enfin par la baisse des taux d’intêrets auxquels nos états se refinancement.

Les choses commencent à changer néanmoins. J’avais eu l’occasion de vous dire que la situation du prix du baril n’était que temporairement basse et que, tôt ou tard, il remonterait. C’est le cas en ce moment, avec la sage lenteur qui convient à ce type de transaction. Le baril qui se traitait aux environs de 100 dollars début 2014 était tombé six/neuf mois plus tard aux environs de 45 dollars le baril , un plus bas absolu auquel il devenait impossible aux compâgnies pétrolières et aux états producteurs d’équilibrer leurs comptes.

Rappelons que le phénomène de départ de cette chute du prix du baril était l’émergence de la production des pétroles de schistes aux Etat Unis qui s’était traduit par un excédent d’offre sur le marché mondial. On espérait que l’Arabie Saoudite jouerait, comme c’était son rôle historique, le régulateur de ce marché en coupant sa production propre. Pour la première fois, elle s’etait refuser à le faire en arguant que c’était aux « fauteurs de troubles » du marché, les producteurs américains, de réduire leur production  et pas à l’Arabie Saoudite dont les coûts de production pouvaient supporter un prix du baril de 40 dollars.

L’Arabie Saoudite avait raison et on commence à assister à un baisse de la production américaine qui a commencé à décliner. Cette production, de par la spécificité de la production américaine,- le brut appartient au propriétaire du terrain et pas à l’état, et les pétroles de schistes nécessitent des forages fréquents, récurrents et …coûteux sur un site donné -, est très dépendante de centaines de décisions individuelles de ces propriétaires individuels.C’est ce qui est en train de se passer en ce moment avec de petits producteurs qui ne renouvellent pas leurs forages.

Comme vous voyez sur le graphique ci dessus, le prix du baril a fortement remonté depuis ce plus bas de 45 dollars le baril pour frôler les 70 dollars et l’on prévoit maintenant un équilibre production/demande sur le marché de pétrole brut pour la fin du 3ème trimestre 2015.

Du coté des taux de l’argent, on assiste ces jours derniers au retournement d’un marché qui se traitait à des taux proches de zéro, voire parfois négatifs! Or nous sommes sur la voie de la remontée de ces taux d’abord modestement vers les 0,3/0,4 pct puis jeudi dernier subitement vers les 0,6/0,8 pct.

Pas de chance pour la France, c’est ce jour là que France Trésor, notre bras armé dans ce genre exercice, avait choisi de lever 8,5 milliards d’euros sur des obligation à 10 ans. Il lui a fallu accorder jeudi matin 1,119 pct de taux d’intéret avant de redescendre en fin de journée à 0, 89!

L’ennuyeux c’est que le budget a du être calculé sur la base du 1 pct de taux d’emprunt et que tout emprunt à un taux supérieur se traduira par davantage de déficit budgétaire.Pour l’instant, ça n’a rien de grave,c’est la poursuite de taux à ce niveau ou surtout à un niveau plus haut encore, qui serait inquiétant. Ceci dit, entre des taux inattendus, au delà des 1pct et un euro qui s’échange à 1,12 dollar par euro. nous avons besoin de suivre de près les évolutions du marché. Car si ces taux venaient à s’installer durablement à un tel niveau, c’est le service de la dette qui deviendrait difficile à supporter.

Et donc comme je disais en titre…le temps se couvre