Ecotaxe, Baisse des dotations, et maintien des dépenses de l’Etat. Où allons nous?

Je lis dans la presse un communiqué commun aux syndicats patronaux ( y compris les Scop susceptibles de bienveillance vis à vis du gouvernement) et de salariés qui poussent un cri d’alarme sur le niveau de charge de commandes et donc celui des emplois dans la profession du BTP.

La profession est en effet dépendante à 70 pct des dépenses de l’Etat et des collectivités locales pour son plan de charge et comptait visiblement sur l’Ecotaxe dont le but était l’amélioration des infrastructures routières ou fluviales. Mme Royal en transformant l’Ecotaxe en Péage de transit poids lourd doit se féliciter d’avoir réglé un problème social mais a oublié que, ce faisant, elle allait supprimer les deux tiers des ressources qui devait aller compléter celles de l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport, Afiit, qui est en principe chargée de cette fonction. Rajoutez la dessus la baisse des dotations aux collectivités locales à hauteur de 12,5 milliards d’içi 2017 et vous transposez le problème de la page des troubles sociaux,- qui concerne le Ministère de l’Intérieur-, à celui de la baisse d’activité industrielle et de l’augmentation du chomage, -qui concerne le Ministère de l’Emploi.

La profession emploie 280 000 personnes et pronostique la suppression de 60 000 d’entre eux si, bien sur, l’Etat ne met pas en place des mesures « alternatives » pour continuer à financer les dits travaux.

Vous me direz que l’on ne peut à la fois se plaindre de l’augmentation des taxes et impôts divers qui ont frappé les français ces deux dernières années à un niveau qui a rendu l’impôt insupportable et se plaindre d’un début de réduction des dépenses de l’Etat et vous auriez raison. Mais c’est bien là que l’on touche à la difficulté de réduire les dépenses sans toucher à l’emploi et les conséquences, qui apparaissent désormais, de 35 ans d‘accumulation de déficits sans frémir de nos gouvernants, députés et sénateurs sous le regard bienveillant des syndicats et des médias pour assurer la survie des uns et des autres.

C’est bien pour cette raison qu’il faut commencer à réduire les dépenses dans les secteurs qui ne génèrent pas de revenus marchands, en commençant par tous les secteurs de la machine étatique et régionale, et en favorisant d’abord les secteurs exportateurs et tout ce qui peut accroitre la compétitivité des entreprises.Car c’est là que se trouve la clé de notre redressement et pas dans le maintien de fonctions, certes souhaitables, mais pas indispensables pour un temps.Ce que nos amis allemands avaient compris dix ans avant nous.

Il n’est pas pensable de maintenir les structures de l’Etat, des Régions et des collectivités locales en l’état et de couper sur tout ce qui fait vivre en France les entreprises et prestataires de services de ces donneurs d’ordres. Il a été enfin accepté et proclamé par nos politiques que les seuls créateurs d’emploi possibles étaient les entreprises. Quand on nous parle d’une réduction du déficit budgétaire jusqu’à 3pct, il s’agit de 3pct du Produit Industriel Brut de la France et pas de 3pct de notre budget ,soit une bonne quarantaine de milliards par an tout de même!

Tant que nous n’aurons pas réduit ce déficit budgétaire d’autant ou de presqu’autant et que nous n’aurons pas réduit les charges et taxes qui pèsent sur la compétitivité des entreprises françaises, il sera illusoire de penser que nous pourrons récréer de l’emploi en France. Et pour ce faire il faudra inévitablement un jour ‘ »dégraisser le mammouth ».