EDF incapable de financer le renouvellement du parc nucléaire français????

Ce que je vous annonçais dans mon message du 24 octobre vous informant des investissements d’EDF en Grande Bretagne pour y renouveler le parc de centrales nucléaire britanniques est en train d’arriver !

En clair, comme elle l’a déjà annoncé, EDF va donc vendre ses « bijoux de familles » pour une dizaine de milliards d’euros pour financer ces investissements destinés à satisfaire les besoins de sa clientèle britannique. Mais ce n’est pas tout, son PDG vient d’annoncer qu’il n’aurait  pas les moyens financiers de pourvoir au remplacement des 58 réacteurs qui assurent notre approvisionnement quotidien en électricité. Il espère simplement pour le moment qu’il obtiendra l’autorisation de l’ASN de poursuivre l’exploitation de ces centrales sur une durée de vie de 60 ans à la suite des travaux dit de « grand carénage » pour permettre d’en étendre cette durée.

Ce qu’il oublie, c’est que rien n’est acquis dans ce domaine et que c’est l’Autorité de Sureté Nucléaire qui en décidera au coup par coup, réacteur par réacteur, avec des exigences techniques qui ne seront pas faciles à satisfaire sur les centrales de conception ancienne de notre parc actuel, comme la mise en place de ce que l’on appelle un cendrier, c’est à dire un déversoir pour le coeur du réacteur en cas de fusion de celui çi, comme cela est arrivé à Fukushima, qui doit être incorporé en dessous du réacteur existant. La réponse de JB Levy semble considérer que c’est acquis ou que, en d’autres termes, la raison d’état, quand le problème se présentera prévaudra sur la sécurité des français.

Jean Bernard Levy nous annonce que l’EPR c’est fini, ca coûte bien trop cher, et que Areva travaillait sur une EPR NM,pour EPR Nouveau Modèle, moins couteux à construire qui commencerait à se substituer aux EPR actuel vers les 2028/30. Comme, dans la faillite d’Areva, c’est EDF qui va reprendre ce développement, il faut espérer que quelle que soit la société qui en poursuive le développement, elle ait les moyens financiers de le poursuivre à son terme et sans compromis sur la sécurité.

Rappellons que le concept de l’EPR avait été basé sur le retour d’expérience de l’opérateur français et des opérateurs allemands  ce qui avait rajouté de la complexité  et du coût au réacteur EPR final mais aussi de la sécurité supplémentaire du fait de l’intégration dans le design des retours d’expériences allemands. Il ne serait pas inutile que l’on nous dise si, du fait de la décision allemande de sortir du nucléaire, Areva  et EDF ne se sont pas bornés, pour réduire les coûts pour passer à l’EPR NM à virer simplement les exigences de surété en provenance d’Allemagne. Nul doute que les journalistes avec qui JB Levy a discuter autour d’une bonne table lui ont osé la question !

EDF, entre ses engagements en Grande Bretagne, et l’obligation qui est faite de renflouer Areva en reprenant son activité réacteur, n’aura donc pas les moyens de financer le renouvellement de son parc nucléaire et il lui faudra donc trouver des partenaires qui participeront financièrement à la construction puis à l’exploitation de ce nouveau parc de Centrales. Vous avez déjà compris qui, les partenaires chinois que EDF vient de trouver pour participer à la construction et l’exploitation des nouvelles centrales britanniques !

Les Chinois comme vous savez, savent faire des affaires, peuvent rester modeste un temps, mais peuvent un jour montrer les dents, pour nous imposer leur réacteur Hualong par exemple ou pour monter les tarifs de l’électricité pour assurer un retour correct sur leur investissement.

Que devient notre indépendance énergétique dans tout cela? Je ne sais. Elle se cale a minima sur la politique britannique et risque fort à terme de passer à la trappe complètement. Compte t on sur une mondialisation de la fourniture d’électricité, où nous pourrions, en cas d’insatisfaction, sur le comportement tarifaire ou sécuritaire de nos fournisseurs étrangers, switcher vers de l’électrcité russe à la place? Je ne sais pas la non plus mais je ne vois pas la chose possible avec des équipements absoluments non mobiles et qui représentent de tels engagements financiers  .

Une chose dont je suis sur c’est qu’une question aussi importante qui relève de la souveraineté nationale, devrait faire l’objet d’un débat national et public et pas de discussions de fin de repas mollement ou pas du tout relayé par nos médias.