Eolien en mer: Pourquoi la France est-elle en retard en Europe?

3d rendering of windturbines on the ocean

On nous a beaucoup parlé, du temps de Sarkozy, des projets d’installation de vastes fermes éoliennes offshores pour lesquelles des appels d’offres avaient été lancés, des réponses à ces appels d’offres reçues et des adjudicataires choisis avec des matériels d’Alstom et d’Areva et des projets d’implantation d’usines pour fabriquer les mâts et les pales de ces éoliennes.

Depuis calme plat sur ce sujet, et pourtant nous sommes désormais gouvernés par une majorité de socialistes et de verts avec une Ministre de l’Environnement particulièrement intéressée par ce sujet et un COP 21 ( 21ème Conférence des « Parties ») qui doit se tenir dans moins de 100 jours sous Présidence française à Paris et dans laquelle nous prendrons des engagements importants de programme de réduction de nos émissions pour sauvegarder le climat de la planète. Est ce à dire que du fait qu’il s’agit d’une programme « Sarkozy », il est de facto enterré. Ou bien les déboires d’Areva d’un coté et d’Alstom de l’autre ont ils repoussé sine die ces vastes programmes? A moins que, ce ne soient les oppositions farouches des populations et des pêcheurs qui la aussi font repousser les programmes alors que nous sommes déjà en période pré-électorale. Ou enfin nous sommes nous rendu compte que dans le contexte géologique des côtes françaises avec un plateau continental qui plonge rapidement, il était techniquement difficile et économiquement peu viable d’en implanter sur les sites choisis. L’avenir nous le dira bientôt certainement.

Considérons ci contre le marché européen des éoliennes maritimes. Il est ultradominé par trois pays qui en captent 80 pct, le Royaume Uni, le Danemark et l’Allemagne. Le Danemark et l’Allemagne bénéficient avec la mer Baltique d’une mer peu profonde et aux fonds peu rocheux  et faciles à aménager qui explique que ces deux pays aient été les précurseurs de cette technique . Les deux constructeurs qui se disputent le leadership de cette technologie sont d’ailleurs l’un Danois, Vestas, et l’autre allemand, Siemens avec une capacité de production et de développement sans commune mesure avec celles de ses maigres concurrents français.

Le troisième, le Royaume Uni, dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Reconnaissant que sa situation énergétique, avec l’épuisement progressifs des gisements de gaz et de pétrole de la Mer du Nord allait à terme devenir problématique, elle avait lancé une vaste étude pour déterminer les sources d’énergie dans lesquelles elle devait investir pour satisfaire ses besoins en prenant en compte les contraintes environnementales qui allaient s’imposer à elle.

Avec une large majorité d’opinions favorables au mix choisi, le nucléaire, les renouvelables et plus récemment les gaz de schistes. Différences avec la France, le débat a été rondement mené, les conclusions largement et rapidement acceptées et le passage aux actes inhabituellement rapide et efficace pour nous, français. La Grande Bretagne a même su profiter de nos indécisions en sachant capturer les désirs d’investissements dans le nucléaire d’EDF! Elle a donc construit de larges fermes d’éoliennes maritimes dans différents sites de Grande Bretagne. Elle vient d’ailleurs de donner son accord à la construction d’un parc éolien de 400 turbines et 2400 mégawatts à un consortium composé du britannique SSE, de l’allemand RWE, des norvégiens Statoil et Statkraft. Le parc s’appelle Teeside A et B situe au nord est de la côte britannique entre Ecosse et Danemark sur une curiosité géologique bien connu de ceux qui écoutent la méteo marine, Dogger Bank, un banc de sable situé à 20 m de profondeur seulement. Au total l’éolien en Mer européen devrait atteindre avant fin 2015 les 3000 turbines et les 10 000 mégawatts répartis en 11 pays et 86 fermes sauf….la France qui ne commencera à mettre les champs en Mer du Nord et Bretagne nord et sud en production qu’à partir de 2020. Sur le plan technique, le plateau continental français, au large de la Bretagne et de la Mer du Nord, n’a rien à voir avec la Baltique avec un plateau très rocheux qui plonge rapidement vers les 60 m de profondeur et une mer difficile en hiver. Nos fermes seront donc difficiles et coûteuses à installer et à exploiter (200 euros le Mwh!!!). C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ces projets se hâtent lentement.