Et si la laïcité devenait un piège?

La France est un pays laïque, une valeur très importante pour notre pays qui curieusement n’existe pas dans certains pays anglo-saxon proche qui ont de la peine à comprendre nos débats sur le port du voile par exemple.Ce principe de laïcité établit une distinction nette entre le pouvoir politique  et les différentes organisations religieuses tout en garantissant la liberté de culte, l’égalité entre les religions et la neutralité du pouvoir politique.L’affirmation des principes de la laïcité date de la révolution française mais a été inscrit en droit français par la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat

Elle a été encore renforcée par la Constitution de 1958 qui dans son article 1er rappelle que:  » La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». C’est dire que c’est un des principes fondateurs de la République.

Pourtant l’évolution des mœurs, les évènements historiques qui se sont produits pendant le 20ème siècle (guerres mondiales, constitution puis disparition d’empires coloniaux,problème juif), les exceptions à cette règle en Alsace-Lorraine, dans certains territoires d’outre mer et en Algérie, et les brassages de population qui ont eu lieu ont conduit la notion de laïcité à évoluer.

C’est sous Jacques Chirac que le problème nécessita une réflexion nouvelle et donna lieu à des rapports parlementaires dont celui de la Commission Stasi de Décembre 2003, qui constata que de nombreux manquements à la laïcité se produisaient dans les lieux publics par certains français au nom de leur croyance ce qui se traduisait par le replis communautaires de certaines communautés, par la situation des femmes et des filles dans certaines zones, par le développement de l’islamophobie, de l’antisémitisme et de la xénophobie et plus globalement par la sape des fondements du pacte social.

A la suite de ce rapport et d’autres, furent institués différents outils ou mécanismes de suivi de cette notion de laïcité que les français « de souche » prirent, à tort ou à raison comme devant les protéger d’un certain envahissement de leur environnement social et culturel par les pratiques d’autres religions comme le port du voile, la demande de viande Hallal, le port du turban sikh ou de la kipa juive ou le refus du porc etc. Ce fut la mise en place d’un Observatoire de la laïcité, finalement fait par Jean Marc Ayrault, d’un Haut Conseil à l’Intégration, et surtout le refus du port du voile à l’Ecole qui donna lieu à une loi du 15 masr 2004 qui interdisait le port de « tout signe manifestant ostensiblement une appartenance religieuse » dans les établissement primaires et secondaires public. Ce qui excluait de cette obligation les établissements privés, l’enseignement supérieur et tous les établissements publics en général et les activités périscolaires.

Depuis cette loi de compromis et d’imprécision, la pénétration de ces signes se poursuit dans la sphère publique, que ce soti dans l’enseignement supérieur, à la cantine ou dans les activités périscolaires et les français de souche ont l’impression qu’on les a trompé et que leur culture millénaire est tout de même attaquée.

Ce fut le cas avec l’interdiction par le tribunal administratif de Nantes de l’installation d’une crèche dans le hall des locaux du Conseil Général de la Vendée à la demande de la fédération de la Libre Pensée .Son président a argué du fait que cette crèche étant un emblème religieux d’une religion particulière, elle ne respectait pas la neutralité des bâtiments publics et s’imposait à la liberté de conscience d’un citoyen.

Et c’est ainsi qu’une loi censée protéger les croyants en la religion catholique se retourne contre eux, leur religion et au delà contre la culture et certaines traditions de notre pays.

Ayant eu l’occasion, lors de la fête des Lumières à Lyon, d’aller assister à un concert dans les locaux du Conseil régional, je fus étonné d’entendre en y entrant un vibrant Kyrié Eleison d’une oeuvre de Mozart et de me dire que, probablement l’année prochaine, cette oeuvre ne pourrait plus y être jouée et entendue.

Comme Madame Royal en faisait le commentaire ce matin au sujet de l’interdiction de faire du feu dans sa cheminée, il faut savoir où le ridicule s’arrète et ne pas le dépasser. En voici un autre exemple…