Grande Bretagne: peut-on vraiment croire au Brexit?

Les français s’intêressent relativement peu à la Grande Bretagne depuis quelques années, depuis qu’on leur a fait comrprendre que l’Europe c’est l’axe franco allemand et que la dite Grande Bretagne n’a pas voulu adopter l’Euro.

C’est pourquoi les nouvelles électorales d’aujourd’hui doivent constituer pour eux une grande surprise avec cette victoire sans appel de David Cameron et du parti conservateur et la déroute des travaillistes, alors que les journalistes et les sondeurs, Britanniques comme Français nous prédisaient le retour du travaillisme ainsi que le succès de l’UKIP, le parti de ceux qui voulaient faire sortir la Grande Bretagne de l’Europe. Après une telle erreur d’appréciation, on ne nous fera plus croire que les médias ne nous manipulent pas quotidiennement, en fonction de leurs propres opinions.

Voila qui va nous faire prendre conscience des différences et de l’importance des types de scrutin. Car l’une des clés de ce scrutin c’est le fait qu’en Grande Brétagne les élections fonctionnent sur la base du scrutin uninominal à un tour là où nous fonctionnons sur la base d’un scrutin majoritaire à deux tours. Chez les britanniques, comme chez les américains, il n’y a qu’un tour de vote et celui qui arrive en tête des votes lors de ce premier tour est le député élu. Simple non? Tout aussi éliminateur également des nouveaux venus,Ukip en Grande Bretagne comme FN en France!

Chaque système a forcément des avantages et des inconvénients, et nous savons que le système majoritaire à deux tours « à la française » avait été particulièrement choisi par les concepteurs de la constitution de notre 5ème république pour qu’il permette de mettre en place des majorités stables à l’Assemblée nationale après le désastre de la 4ème république et de ses changements permanents de gouvernements. Par contre on peut se demander lequel des deux systèmes révèle le « vrai » gagnant. Si nos journalistes, comme nos sondeurs, faisaient bien leur travail, ce serait intéressant qu’il nous fasse, à partir des résultats de ce scrutin britannique,une simulation des résultats qu’il aurait donné en scrutin majoritaire à deux tours. En démocratie, il serait important de savoir s’il n’y a pas un biais systématique introduit par le type de scrutin utilisé.

L’important est, bien sur, qu’il puisse y avoir des changements de majorité mais l’occurrence ou non peut en être très importante suivant les circonstances historiques dans lesquelles elles se produisent. Que se serait il passé si Winston Churchill et son parti n’avait pas eu la majorité aux élections britanniques au moment de la seconde guerre mondiale, par exemple?

Nous sommes aujourd’hui, dans un cas semblable de croisée des chemins car David Cameron avait assortie sa candidature de la promesse de faire un référendum d’içi 2017 sur le maintien de l’appartenance de la Grande Bretagne à l’Union Européenne ou bien d’en sortir. Ce que l’on appelle le Brexit, ou Britain Exit, Sortie de la Grande Bretagne, sur le mode d’expression du Grexit, Greece Exit,Sortie de la Grèce, inventé à l’occasion de la crise grecque.

David Cameron, à l’occasion de son premier commentaire sur les résultats de cette élection a rappellé sa promesse de ce référendum, une promesse que Tony Blair en son temps avait fait également mais sans jamais la tenir.A priori, il souhaite que la Grande Bretagne reste dans l’Union, mais il est en désaccord avec la politique économique, laxiste et antilibérale de Bruxelles et avec le coût de son fonctionnement, comme sans doute une majorité des britanniques.Pour pouvoir gagner son référendum, il va, sans aucun doute, monter au creneau contre les coûts de fonctionnement de l’administration bruxelloise ( à mon sens, avec une certain raison) et contre son autoritarisme à l’égard de ceux qui n’ont pas la même politique qu’elle.

Et comme les autres membres de l’Union tiennent au maintien de la Grande Bretagne dans l’Union, nul doute qu’il va falloir trouver les compromis qui permettent de satisfaire les uns et les autres. Pour nous, français, qui sommes dans le déni des réalités, nous risquons de devoir « faire ce que nous avons promis sans jamais tenir », du genre tenir un budget ou couper sérieusement sur les déficits.

A suivre donc mais ça risque de tanguer…