Investissement ou …..Dépenses?

Voila quelque temps déjà que je pensais faire un article sur la notion d’investissement que nos politiques et syndicalistes semblent ignorer voire même dévoyer à leur profit et à celui de notre administration. Ne voila t il pas que je viens d’entendre le secrétaire général de Force Ouvrière, syndicat très représenté dans la fonction publique, nous parler sur une radio de l’investissement public et de sa nécessité de le relancer pour s’attaquer au problème du chômage  Il est donc grand temps de « remettre l’église au milieu du village » et de redefinir ce qu’est un investissement par rapport à …une dépense!  

Un investissement est un placement d’argent, que l’on possède ou que l’on emprunte, dans un projetqui peut être industriel, installation d’une nouvelle unité de fabrication par exemple, en recherche et innovation, développement d’un nouveau produit, en marketing, lancement d’une campagne de promotion, ou en ventes, lancement d’un nouveau réseau de boutique.Dans tous les cas, cet investissement doit rapporter de l’argent et plus que le taux du marché auquel on l’empruntera dans le cas général. Il doit sur une certaine durée, 5 ans, 10 ans, 25 ans pour un centrale nucléaire, rembourser son coût initial et celui du service de la dette qui a permis de le lancer et contribuer ainsi à l’accroissement des actifs de la personne ou de la société qui l’a décidé.

Si ce n’est pas le cas, ca aura été un mauvais investissement qui appauvrira, au contraire de ses attentes, son propriétaire et promoteur. Un investissement est un risque que l’on prend sur plusieurs années. Dans une société, en fonction de sa taille, multinationale ou PME, il sera en concurrence avec d’autres investissement potentiels et sera étudié en fonction de son retour sur investissement, de l’importance du risque pris et de la crédibilité du dossier présenté.Il féra eventuellemnt l’objet d’un audit à terme pour juger de sa contribution à la croissance de la société et de ses résultats en fonction de son coût initial et final.

Il existe des méthodes pour juger de la valeur d’un projet d’investissement, le rendement du projet en tenant compte de differentes hypothèses des taux d’emprunt, 12 ou 15 pct minimum par exemple ou le pay out , c’est à dire le temps nécessaire pour qu’il se rembourse, 2 ans ou 5 ans par exemple. Sa définition fait partie des règles comptables nationales et internationales ainsi que son traitement fiscal, en particulier les règles de son amortissement.

Quand donc on nous parle d’investissement public, encore faudrait il que ce travail délicat d’évaluation du risque, du retour sur investissement et du choix par rapport à d’autres investissements concurrents aient été fait et que l’on ne donne pas le nom d’investissement à ce qui n’est en réalité que des dépenses payées par les trois sources de revenus de l’Etat, le contribuable, le consommateur ou l’impôt sur les sociétés.Si nos deux milliards de dettes avaient été utilisé depuis 35 ans dans de l’investissement rentable avec un retour sur les sommes investies, nous serions riches et n’aurions pas à demander à l’Allemagne de faire de la relance 

Il n’est pas dans le rôle régalien de l’Etat d’investir, par contre celui d’aider à l’investissement par différents moyens est essentiel pour orienter l’activité des acteurs économiques dans telle ou telle direction. Les services régaliens de l’Etat, la police, la justice, l’éducation, la diplomatie, le social et d’autres sont absolument nécessaires mais ne sont que des dépenses et en aucun cas des investissements.

Monsieur Mailly dans son appel à l’investissement public faisait allusion à des dépenses dans le BTP ou les infrastructures. Or si tel ou tel maire construit des rond points dont nous sommes devenus les champions il n’en retirera jamais un retour sur investissement pour la collectivité, mais un bénéfice personnel pour sa réelection suivante.De même pour les hôtels de départements qui ont accompagné la régionalisation. De même la construction de logements sociaux n’est pas un investissement, car l’on sait bien que la dite dépense ne sera jamais « rentable », mais une dépense sociale, parfaitement légitime d’ailleurs et qui fera travailler du personnel français.

Quand on parle d’infrastructures, routes, canaux, métro et TGV, on se trouve dans une catégorie intermédiaire d’actions économiques en ce sens qu’il y a pour certains d’entre eux des recettes à venir en face mais qu’elles sont rarement à la hauteur du budget prévu et encore moins d’un retour minimal sur investissement. La construction des TGV dont on nous dit que ça a été la vache à lait de la SNCF, a été en fait surtout le début du gouffre de la dette de RFF. Il fallait pourtant les construire mais arrêtons d’en parler comme d’un investissement. C’était une opération d’aménagement du territoire comme le sera le futur grand metro.

Enfin, méfions nous de confondre investissement ou dépense, relance et emploi.Car dans notre économie désormais mondialisé , ce n’est pas parce que vous relancerez la consommation que vous nelancerez l’emploi. S’il s’agit d’un coup de pouce au Smic, tout dépendra de la manière dont cet appoint sera consommé. S’il s’agit de vêtements, chaussures,electronique ou ordinateurs, cela ne changera rien,il bénéficiera aux bengladais(es), chinois(es), pakistanais(es), tunisiens(ennes) ou autre sauf pour la partie distribution/boutiques. S’il s’agit de voitures, il benéficiera très partiellement aux usines et à l’emploi français sauf pour la distribution.S’il s’agit de services, là oui, il bénéficiera à l’emploi en France.

Un organisme comme la BPI, contrairement à son nom, Banque Publique d’Investissement  n’est pas un oprganisme d’investissement mais de placement financier dont nul ne sait si les dits placements rapporterons de l’argent un jour. Ceci dit elle est extremement utile pour protéger les sociétés menacéès de rachat ou en difficulté financière et a effectivement un impact en terme d’emploi

J’espère avoir éclairé un peu notre lanterne collective sur la valeur des mots et sur leurs conséquences en terme d’investissement, de budget et d’emploi. Il est dommage que même au niveau d’un secrétaire général  de centrale syndicale nationale, on confonde un terme et un autre. Mais après tout personne dans nos cursus scolaire ne nous en a jamais appris la signification.