La girafe et l’éléphant

Faire un safari (photo, je précise, je n’ai aucune appétence pour quelque tuerie que ce soit…) en Afrique, c’est, forcément, vouloir contempler ce qu’on appelle les « big five » : le rhino (ça, c’est fait) ; l’éléphant, le lion, le léopard, le buffle… Ils sont « big five » parce qu’ils représentent un danger pour l’homme, du moins il me semble.

Dans les « big five », j’aurais volontiers mis la girafe : elle est grande, élancée, élégante. Elle n’est certes pas un prédateur reconnu de notre espèce, mais elle ferait sans doute pâlir d’envie une adolescente maigrelette cherchant un podium et un couturier pour exercer son charme naissant…

C’est qu’elle est belle, la girafe. L’apercevoir au loin picorer l’acacia est un privilège. En général, elle se déplace en groupe de quelques individus.

Et je ne sais pas si elle n’est pas aussi curieuse de nous, humains, que nous le sommes d’elle.

L’autre symbole, emblème de l’Afrique est l’éléphant. Être social, tout comme la girafe. Nous l’avons aperçu, la veille du périple sur les pistes, au loin, quand nous cherchions l’hippo. Sans doute venait-il boire de l’eau sacrée du Nil.

Et nous l’avons revu. Probablement un groupe de mères accompagnées de leurs petits. Je n’ai pas réussi à repérer un grand mâle équipé de ces défenses qui le condamnent souvent à mort.

Avant de laisser le dernier mot à ma petite vidéo… j’ai un étonnement horrifié qui ne me quitte jamais, qui existait avant de m’installer en Ouganda, et qui, lorsque je rentrerai, me suivra à coup sûr emballé dans ma valise: comment peut-on, pour des intérêts mercantiles, assassiner ces somptueux animaux ? Et j’emploie le verbe « assassiner » à dessein, pour faire de l’anthropomorphisme. Je sais que le braconnier, ce pauvre ère qui sera un jour zigouillé par les rangers, lui, répond souvent à un besoin économique d’ordre urgent autant que vital… mais le commanditaire ? Celui qui va revendre l’ivoire, ou la corne de rhino d’ailleurs, sur les marchés (en général asiatiques) juste pour faire grossir son compte en banque, comment l’appeler ? Une grosse merde ! Riche, mais une grosse merde quand même. Il exploite ses congénères et la nature, sans conscience et sans âme. Et me revient la fin de ce film terrible, « le soleil vert ».