Loi Macron: Que du pipeau?

Le débat est parti à l’Assemblée Nationale et dans les médias sur la Loi Macron, comme on l’appelle, et dont on fait semblant de nous dire qu’elle va révolutionner l’économie française, créer des emplois, donner du pouvoir d’achat aux français, bref un vrai miracle pour le pays.

Curieux, non? Car en la regardant de près, ce n’est jamais qu’un conglomérat de mesurettes qui ne vont pas révolutionner la France ni son économie. On va libéraliser une profession qui marche bien et que l’étranger nous envie, le notariat, pour rogner un peu les revenus de ceux qui y opèrent et libéraliser, un peu, l’installation de jeunes notaires dont le savoir et l’expérience seront sans doute limite pour la fonction.

On s’attaque aux avocats, eux aussi considérés comme gagnant trop, mais sans toucher aux strates de la fonction avec des favorisés gagnants beaucoup et en position de monopole, comme les avocats aux Conseil d’Etat ou à la Cour de Cassation auxquels on ne touchera pas.

On va faire passer de 7 à 12 le nombre de dimanche « ouvrables » pour certains magasins et certaines zones seulement. Rien de monumental, rien qui ne va faire passer brutalement la croissance de la France de 0,2 à 2 pct, non? Quand vous allez aux Etats Unis et que vous voyez les magasins ouverts en permanence, vous voyez pas vraiment où est la novation significative.

On va permettre les liaisons régulières par autocar qui existaient il y a quarante ans entre toutes les villes de France et sont passées à la trappe plus par manque de compétitivité globale de ce mode de transport face à la marée de la « voiturisation » des français que par des interdits.

On va oublier les sujets qui fâchent et risquent de déclencher des mouvements sociaux comme d’autres libéralisations qui auraient pourtant de l’intéret, comme celles des taxis ou des professions médicales.

Bref absolument rien de fondamental ni sur le plan politique ni sur le plan économique. Rien qui ne justifie la campagne de promotion qui s’organise autour d’Emmanuel Macron. Ce qu’il propose et qui est un mélange allégé des propositions d’Attali et de celles qu’avaient préparées Montebourg avant de lui céder sa place, n’a rien de révolutionnaire qui mérite la sanctuarisation de ce jeune blanc bec de la politique.

Un seul gros défaut de son action et de son « offre » de nouvelle loi. Elle va générer une bataille interne au PS entre les traditionalistes qui n’ont pas compris nécessairement  que la situation est grave et qu’ils ont été élus pour mettre en place une vrai politique de gauche que leurs électeurs attendent et les sociaux démocrates qui ont compris que la différence entre une politique de gauche ou de droite en période de crise n’est que dans la position du curseur entre leurs deux positions.

Bref rien qui ne justifie que 577 députés passent ensembles une ou deux semaines à se bagarrer sur des détails, à modifier tel ou tel mot ou disposition qui de toutes façons ne changeront rien ou si peu de chose à ce qui tracassent les français, la montée du chômage, l’économie qui s’écroule, les mesurettes sans effet, le matraquage fiscal, les fins de mois difficiles.

Alors que dire de la loi Macron? Elle ne va pas changer grand chose à l’économie, va peut être faire bouger à la marge la compréhension de l’économie dans une partie de la gauche ce qui ne serait déjà pas si mal, donnera un peu de légitimité au Premier Ministre? C’est peu pour un tel « Grand Oeuvre ».

Que du pipeau? Je vous laisse en juger.