Mais qui donc va payer la dette grecque?

Syriza a gagné. Avec la majorité ou pas au Parlement,ce sera la même chose. Alexis Tsipras pourra toujours gouverner même sans alliance, en obtenant le vote de tel ou tel député sur telle ou telle disposition.

L’avantage de cette élection, c’est que nos médias ont pu, pour une fois, nous montrer le niveau de détressé auquel les grecs étaient arrivés et la gravité de la souffrance et des humiliations que nous, derrière nos dirigeants, et semble t il avec les meilleures intentions pour les tirer de leur situation catastrophique, avons imposés aux classes moyennes grecques.C’est bien et c’est dommage que ces mêmes médias ne nous aient pas montré bien plus tôt et plus fréquemment, les conséquences humaines de ces décisions que je ne pensais franchement pas aussi désastreuses.

Merci donc à nos médias d’oublier un peu les problématiques politiciennes parisiennes et de s’intéresser un peu plus aux problèmes humains de tous ordres qui parsèment cette planète et de nous en parler. Que nous ne soyons pas surpris de voir l’état du peuple grec au hasard d’une élection ou celui,en France, après l’assasinat des caricaturistes de Charlie Hebdo, de l’emprise du communautarisme, de la déliquescence de notre école et enseignement,de l’impuissance des polices ou du laxisme de notre justice. Alors que 15 jours avant, les mêmes situations nous étaient presentées comme parfaitement normales et parfaitement sous contrôle, si jamais nous en avions douté.

Ce qui est curieux tout de même, c’est que tout ce petit monde se félicite de pouvoir sans doute faire à court terme ce que nous avions refusé de faire depuis 10 ans, payer les dettes des grecs? Est ce à dire que ceux qui s’en réjouissent ne savent pas de combien il s’agit, ou bien pensent t il, maladie bien connue de notre personnel politique, que d’autres vont payer, qu’un peu plus de « social » suffira à satisfaire les revendications. Ou bien y voient ils une « opportunité » ,comme on dit maintenant, pour eux personnellement. A moins qu’ils ne pensent que « Merkel » tiendra bon pour ne pas payer ou payer peu?

Peu importe; voyez ci contre comment se repartit le montant des dettes grecques entre les différents pays membres de l’Union. Au total 320 milliards, bigre ce n’est pas si terrible, ça ne fait que 15 pct des dettes globales de la France dont 85 pct seulement sont à la charge du secteur public.

Si jamais la Grèce se trouvait en situation de défaut de paiement et renonçait à rembourser sa dette, nous aurions à payer en lieu et place de la Grèce, ceux qui leur ont prêté de l’argent, soit 16,8 pct des 52 milliards de prêts dit bilatéraux soit 16,8 milliards pour la France et 21,8 pct des 141,8 Milliards de prêts octroyés par le Fond Européen de Stabilité Financière, FESF, soit 31 milliards d’euros. Au total, se substituer à la Grèce pour une partie de ces dettes coûterait aux français la bagatelle de 47,8 milliards. Pour l’Allemagne, il en coutera à ses ressortissants de l’ordre de 62 milliards

Ce n’est pas le bout du monde pour un pays déjà à la tête de 2035 milliards de dettes. Et au taux ou nous empruntons, c’est presque rien comme intérêts. Ça fait entre 6 et 9 mois du déficit,de l’exercice 2015 de notre budget.

Là où le bât blesse, c’est que contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, les dettes de la Grèce ne sont pas envers l’Union Européenne, la Commission ou le BCE , elles sont envers chaque pays individuellement. Il va donc falloir qu’Alexis Tsipras négocie individuellement avec chaque pays pour obtenir ses diminutions de taux d’intérets ou ses reports de remboursement. Arrivera t il à obtenir les mêmes conditions des uns et des autres? J’en doute. On peut imaginer que Mme Markel, soucieuse de ses électeurs, refuse baisse de taux ou report, ou du moins ne fasse qu’un geste symbolique et que notre Président, dans sa grande bonté, décide d’annuler les 48 milliards de dette grecque. On imagine la confusion que cela risque de créer

A suivre donc. On devrait y arriver….mais ça va être difficile pour Alexis Tsipras.