Mais qui possède l’industrie française?

Nos gouvernants pensent que ce sont eux qui gouvernent la France et veulent régulièrement nous en convaincre car c’est de cette croyance soigneusement entretenue que découle leur position sociale personnelle et tous les avantages de la fonction politique qui est sans doute leur véritable moteur bien plus , malheureusement, que l’intèrêt général ou l’avenir de ce pays.

Cette attitude, très gaullienne, et culturelle est en train de passer de mode et nos ministres deviennent plus prudent, semble t il, dans leurs interventions publiques sur leurs rodomontades à moins que comme Arnaud Montebourg, ils ne soient pourvus d’un égo surdimensionné.Même Ségolène Royal commence à savoir mettre la pédale douce dans ses affirmations belliqueuses comme dans l’affaire Ecomouv’.

Il n’est pas inutile de leur rappeller,- et de nous rappeller-, qui possède l’industrie française. Le schéma ci contre nous le montre pour la totalité des sociétés cotées à la Bourse de Paris. A l’heure actuelle, ce sont 43 pct des actions de l’industrie française qui sont entre les mains de sociétés ou fonds d’investissement étrangers, un pourcentage à la hausse permanente depuis 20 ans. En sens inverse, le pourcentage d’investissement en actions des ménages français, directement ou via Sicav ou fonds d’investissements est en baisse constante ainsi que celles de l’Etat Français lui même qui est, endettement oblige, en phase permanente de désinvestissement.Si nous parlons du CAC 40, le fleuron de notre industrie, c’est encore pire ce sont 50 pct qui sont entre les mains d’investisseurs étrangers!

Il est vrai que le simple fait que pas un de nos ministres n’ait déclaré la possession d’une seule action dans leur patrimoine n’aide à l’investissement en action, non plus que le refus idéologique depuis des années, tous partis confondus, des fonds de pensions.

Comment voulez vous que, dans ces conditions d’actionnariat, les dirigeants de ces sociétés ne soient pas contraint de se préoccuper plus de leur présence et de leur développement industriel et commercial à la surface de la planète que de cette présence et ce développement sur le territoire national?.

Comment  se répartissent les nationalités de ces actionnariats dans la propriété de notre industrie par rapport à celle des autres grands pays industrialisés? Le pourcentage des français continue à baisser au profit des investisseurs américains qui doivent visiblement croire en nos grandes entreprises, en leur management et en leur aptitude à la mondialisation,  et des investisseurs anglais, à un niveau plus faible cependant  pour cause de méfiance vis à vis de la zone Euro.Ce qui signifie que les investisseurs étrangers présent de plus en plus dans les décisions de nos fleurons industriels nationaux! 

Si donc nos gouvernants veulent revitaliser la croissance,voire le maintien de nos industries sur le territoire national, il faudrait qu’ils se recentrent sur la dynamisation des PME/PMI/ETI, peut être en les écoutant, et en dynamisant l’actionnariat des français eux mêmes dans leurs industries. Et à ce sujet, il serait quand même grand temps d’autoriser les fonds de pension dans ce pays!