Marine Le Pen chasse les alliés à Strasbourg

Marine Le Pen, comme son père avant elle, fait l’expérience d’une dure réalité européenne : la détestation de l’Union n’est en aucun cas suffisante pour siéger dans le même groupe politique au sein du Parlement européen. Ainsi, le Front National n’est désormais plus du tout sûr de parvenir à constituer un groupe, ce qui nécessite de réunir au moins 25 députés (là, pas de problème, le FN comptant 24 élus à lui seul, enfin 23, une eurodéputée ayant fait défection) provenant de sept pays différents (c’est là que ça coince). La Marine Le Pen triomphante et sûre de son fait de l’après 25 mai n’est plus qu’un souvenir et Florian Philippot, son vice-président, s’emploie à déminer le terrain au cas où : « si on n’arrive pas » à constituer un groupe, « ce n’est pas dramatique », a-t-il déclaré jeudi sur I-Télé. Suprême humiliation : Nigel Farage, le leader du UKIP britannique, le concurrent direct du FN en matière d’europhobie, est parvenu à maintenir sur le fil l’existence de son groupe, l’EFD, qui comptera 48 députés originaires de 7 Etats membres grâce au ralliement surprise de Joëlle Bergeron, une élue FN en rupture de bans…