Quand le monde bascule vers l’autopartage….

Une des modifications les plus importantes des comportements sociétaux de nos sociétés est en train de se produire sous nos yeux  sans que nous en saisissions nécessairement toute l’ampleur. Je veux parler de la moindre importance accordée à la notion de propriété de tel ou tel bien et de son remplacement par tout moyen à notre disposition pour bénéficier de son usage sans en assurer la charge.

C’est sans doute la baisse du niveau de vie et les difficultés économiques qui ont accéléré le phénomène qui était de fait déjà dans les gènes des jeunes. C’est Internet une fois de plus qui en a permis le passage à l’acte avec l’émergence de systèmes de mise en relation des « transporteurs »,ceux qui ont prévu de faire tel ou tel trajets et de « transportés potentiels » qui ont besoin d’effectuer le même trajet et qui ont des moyens minimaux pour le faire.

Réalisez la complexité d’une telle opération, entre la mise aux enchères sur le site de l’offre,la consultation des offres par les demandeurs, l’accord sur le prix à payer pour la prestation et le paiement et sa garantie ! Le site BlaBlaCar a été le grand gagnant de la bataille initiale entre les différents compétiteurs. Il est désormais présent dans 12 pays européens et vient de lever 73 millions d’euros pour accélérer son développement. D’autres « covoitureurs » ont inventés des concepts un  peu différents comme Zipcar qui vous permet de prendre possession de n’importe quelle voiture adhérent au système cette fois directement dans la rue au pied de votre immeuble.

Bien évidemment, la possibilité de se déplacer à bas coût a affecté les autres participants de la mobilité et en premier lieu la SNCF qui a vu sa fréquentation baisser, de ce fait, car l’autopartage impacte les transports de moyenne et longue distance, domaine de prédilection de la SNCF . Au point qu’elle a investi rapidement dans le numéro deux de ce nouveau métier pour récupérer les voyageurs qu’elle perdait du fait de cette concurrence.

Autres professionnels de la mobilité touché par les évolutions de pratique des nouvelles générations, les loueurs de voitures, qui ont décidé de se lancer dans la location immédiate pour faibles distances, en concurrence avec les Autolib ou les offres de Zipcar. La raison? Les jeunes générations (18-35 ans) veulent du smartphone et de la géolocalisation du véhicule disponible  et ne veulent plus aller dans les agences. Reste à trouver où mettre les voitures qui devront être dans une variété de lieux du type parking d’hotel ou de grands magasins.

C’est Avis qui a lancé la bagarre avec son service Avis On Demand suivi un peu plus tard par Hertz qui a dévolu 500 voitures à son nouveau service baptisé 24/7. Abonnement au service,connection et detection du véhicule sur smartphone, identification par puce RFID, véhicule disponible 24/24 et 7/7, prix modéré à 6 ou 7 euros de l’heure, forfait kilométrique de 100 km et carburant inclus mais…retour à la case départ pour le véhicule.

A terme, Hertz pense qu’environ 60 pct de sa flotte sera convertie à cette nouvelle demande de voiture « Hors Agences » en quelque sorte.

Tant que nous en sommes dans la mobilité automobile, n’oublions pas de mentionner Uber, le site de location de voiture avec chauffeurs qui a perturbé et perturbe gravement le marché des taxis. Mêmes principe, smartphone et géolocalisation, qui permettent de rapprocher le client et le véhicule avec chauffeur mieux que les centraux téléphoniques qui gèrent les taxis. Uber se heurte aux règles qui régissent cette profession protégée, mais nul doute qu’il finira par passer outre les barrières de la profession