Robocop (2014) de José Padilha

Pat Novak, un présentateur de télévision, ouvre son émission « The Novak Element » par cette simple question : partout dans le monde, la sécurité est assurée par des robots, sauf aux Etats-Unis alors que le recours aux robots permet à la fois d’assurer la sécurité de tous et d’éviter dans le même temps la mort d’officiers ou d’agents sur le terrain.

En liaison avec un gradé de l’armée américaine, Novak laisse l’antenne à l’une de ses journalistes en direct de Téhéran, où une opération anti-terroriste est en cours dans les rues. Alors que Novak prétend que les patrouilles de robots-soldats sont parfaitement acceptées par la population et ont réduit drastiquement le taux de criminalité, des terroristes attaquent devant les caméras les robots, se faisant sauter avec eux. L’antenne est coupée, quand un robot abat un enfant qui le menaçait avec un couteau.

Le robot en question ressemble furieusement à celui qui au début du précédent Robocop abattait l’ensemble d’un comité directeur de l’entreprise, remettant en cause le déploiement de tels robots sur le sol américain et lançant de fait la construction des Robocop sensé être plus fiable.

Novak reprend le cours de sa démonstration, affirmant que Raymond Sellars, président d’OmniCorp, société qui produit ses robots, est dans le vrai, là où Hubert Dreyfuss, responsable de la directive Dreyfuss qui interdit le déploiement de tels machines sur le sol amércain est un homme du passé (on notera la consonance juive du nom de famille).

L’emission se termine sur un drapeau américain et cette question: pourquoi l’Amérique est-elle aussi robophobique ?

Retour dans un commissariat de police où des soupçons de corruption visent deux collègues d’Alex Murphy. Une réunion entre un chef de gang et les deux policiers laissent entendre que ces derniers travaillent en effet depuis de nombreuses années ensemble et qu’Alex devient un osctacle à leurs activités.

Pendant ce temps, Raymond Sellars essaie en vain de lever la directive Dreyfuss. Il comprend alors que le public ne peut adhérer à des robots machines. Il faut un visage humain à ces robots pour les faire accepter par le public.

Alex Murphy est finalement tué lors d’un attentat à la voiture piégée devant sa maison. Sa femme accepte pour lui permettre de vivre malgré la gravité de ses blessures qu’il soit tranformé en mi-homme mi-machine, suivant ainsi les conseils de Sellars et de son chercheur-médecin, Dennett Norton.

Le Robocop nouvelle version garde ses souvenirs et tente même de poursuivre sa vie de famille avec sa femme et son fils. Exit donc toute réflexion sur l’identité humaine versus robot et sur l’impossibilité de vivre une vie humaine dans une machine. Le film laisse plus ou moins entendre que la vie de famille d’Alex ne se termine pas avec sa transformation en robot.

Les flics pourris ont remplacés les flics grévistes (là aussi dans le précédent Robocop). Exit donc toute réflexion (même si elle était modique dans l’ancien) sur le remplacement de l’homme au travail par la machine.

Reste donc le magnat industriel qui veut vendre sa machine à n’importe quel prix. En l’occurrence le thème n’est pas nouveau et peut aisément être traité sous l’angle de l’individualisme en omettant toute réflexion sur l’omniprésence des machines dans nos environnement. Et c’est ce que fait le film au final. Reste aussi la question du self-control, l’humain limitant les pouvoirs du robot par sa conscience. Le médecin amoindri donc la conscience d’Alex, en le laissant presque à l’état de machine exécutante. Mais même là Alex n’est pas efficace. Le tour est joué quand ce dernier tout en restant une machine programmée, pense être un humain qui contrôle ce qu’il fait.

L’homme-robot est donc parfaitement opérationnel. Il ne lui reste plus qu’à se débarrasser du vilain Sellars, pour vivre une vie pleine et entière auprès de sa famille, en humain croyant contrôler sa machine.

Le film se clôt sur Novak appelant l’Amérique à s’habituer aux robots. En effet, Alex vit, a été accepté par la population et même si la directive Dreyfuss n’a pas finalement été rejeté, il est là et bien là.

Voila, voilà, qu’on est loin du premier Robocop qui n’était pas pourtant un modèle de réflexion.