Sukuks: La place de Londres prends de l’avance

Vous connaissez peut être les sukuks qui sont à la finance islamique ce que les obligations sont à la finance occidentale, c’est à dire un outil de placement d’argent pour tous ceux qui en disposent ou de levée de fonds pour les entreprises qui en cherchent pour se développer et investir.Sauf que ces sukuks doivent respecter les règles de la Charia.

J’avais eu l’occasion de vous en parler dans des articles du 29 aôut 2006 et du 14 mars 2008 que je vous invite à relire pour plus de détails. Brièvement, la charia n’accepte pas le prêt d’argent avec intérêts (riba) comme étant de l’usure et n’accepte que le partage des risques et des bénéfices dans un investissement en commun prêteur/prêté. Or dans ce cas ça ne rapporte pas beaucoup  et donc le monde islamique est à la tête d’une masse d’argent tout à fait considérable et faiblement rémunéré qui ne pouvait un jour que susciter des convoitises.

Notre ex Ministre des Finances et Présidente du FMI, Christine Lagarde s’en était bien aperçue qui avait à l’époque poussé la place financière de Paris à lancer des sukuks. Elle en espérait 100 milliards d’euros d’investissement des pays musulmans  en France et était prète à modifier notre règlementation pour pouvoir les accepter. Sans surprise, rien ne s’est passé depuis.

Aujourd’hui c’est à Londres, première place financière européenne, que l’on annonce le lancement des fameux sukuks par ….Le Trésor Britannique!C’est la première fois qu’un état non musulman se lance dans une telle émission et son ministre des Finances, George Osborn a « mouillé sa chemise » pour son lancement.Le succès a été au rendez vous avec 10 fois plus de demande ( 2 milliards de livres) pour 200 millions de livres offertes.

Les investisseurs du golfe, fonds souverains et banques centrales ont répondu présent ainsi que les banques islamiques de la City pour leur clientèle. Les sommes de ce sukuk seront investi dans des actifs réels, de l’immobilier, de façon à pouvoir verser une rémunération basée sur des loyers.Le rendement n’en est pas très elevé, de l’ordre de 2pct, ce qui est normal pour un placement qui demande plus d’administration que nos obligations classiques.

On estime à environ 1000 milliards de Dolllars d’argent disponible dans le monde islamique pour des placements. C’est dire que c’est un marché porteur qui ne peut qu’attirer les banques et organsimes financiers.Nous aurions pu faire parti des précurseurs si nous avions suivi Mme Lagarde. Pas de chance les anglais nous ont doublé qui eux comptent maintenant sur des rentrées annuelles de financements pour l’économie britannique d’une bonne dizaine de milliards de livres.