Surprise, les 100 milliards sont déjà devenus 1000 !!

Je vous parlais de la saga de la recherche des 100 milliards de dollars que les pays développés se sont engagés à donner tous les ans aux pays en voie de développement pour qu’ils puissent mettre en place la lutte contre le réchauffement climatique et la transition énergétique qui en est l’engagement le plus important.

L’ennuyeux c’est que ces 100 milliards de dollars ont eu la fâcheuse idée de …se transformer en 1000 milliards de dollars par an d’ici à 2030 !! C’est l’Agence Internationale de l’Energie, l’AIE qui a eu la curiosité de calculer l’impact financier de toutes les promesses faites par les 170 états qui ont pris des engagements de réduction de leurs émissions de CO2 dans l’atmosphère.

La production et la consommation d’énergie représente en effet les 2/3 des émissions de GES d’origine humaine.Leur réduction ou leur transition vers des formes moins émettrice de CO2 passent par des modifications considérables des outils de production de cette énergie, en clair en terme de consommation de pétrole, de nombre de centrales des différents types, d’investissements dans le solaire ou l’éolien, de réacteurs nucléaires, tous éléments qui devraient apparaitre dans les engagements nationaux pour en soutenir la réalité. Or ce n’est pas toujours le cas et c’est donc l’AIE qui a repris tous les calculs pour en vérifier la crédibilité et en revoir les conséquences financières.

Que sort il de cette approche scientifique du sujet? C’est que tous ces engagements nationaux ne sont pas très sérieux dans une majorité des cas et n’ont qu’un lointain rapport avec les 100 milliards de dollars par an nécessaires pour arriver à limiter le réchauffement climatique à + 2°C à la fin du siècle. Pour l’AIE les investissements envisagés correspondent à des montants de l’ordre de 900 milliards annuels dont 550 devraient être consacrés aux mesures d’économie d’énergie, en particulier pour le chauffage des bâtiments ou l’amélioration des procédés industriels et les 350 autres à l’amélioration des outils de production d’électricité.Encore faut il savoir que ces investissements ne permettront pas de limiter le réchauffement à 2 degrés mais plutôt à 3 degrés.

Le timing est loin d’être réaliste également car compte tenu de l’inertie du secteur énergétique où l’on construit pour au moins 10 ans, nous arriverons au mieux à faire descendre la contribution des énergies fossiles de 81 pct de la consommation mondiale à 75 pct d’une consommation 2040 qui aura sensiblement augmenté d’ici là ( + 40 pct pour 2030).

Si l’on voulait respecter les 2 degrés C de hausse des températures moyennes, ce sont  200 milliards de plus qu’il faudrait investir dans les moyens de production et d’isolation tous les ans jusqu’en 2040 (Soit 550 milliards par an sur les seuls moyens de production)

Enfin 1,2 milliards d’être humains vivent encore sans accès à l’électricité. Ils seront encore 800millions en 2030 malgré tous les efforts et investissements effectués.

Voila qui laisse rêveur sur l’inertie de nos systèmes de production et d’isolation, sur la lenteur des processus pour les faire évoluer  et sur l’énormité des investissements à effectuer face à un monde qui n’arrête pas d’évoluer sans contrôle.

On peut se poser la question de comment en maîtriser le facteur le plus défavorable, qui est l’augmentation des populations !!! Un sujet dont curieusement on ne nous parle jamais, y compris à la COP 21 qui rassemble qudn même quelques milliers de participants.