The Hobbit : The Desolation of Smaug de Peter Jackson

Flashback : Thorin, le prince nain, rencontre dans une taverne Gandalf le Gris, qui le presse de mettre la main sur la pierre Arcane détenue par le Dragon Smaug, car cette pierre lui permettra de reconquérir le royaume nain d’Erebor et de devenir le Roi sous la montagne. Ne sachant comment faire, Gandalf lui suggère de recruter un chapardeur pour aller piquer la pierre des griffes du dragon.

Quelques années plus tard, la compagnie de Bilbo est parvenue à traverser les montagnes de Brume. Ils doivent à présent se diriger vers la forêt de Mirkwood, sans leur magicien qui a été appelé ailleurs (comme d’hab’ : le magot a tendance à être appelé ailleurs). Bilbo doit en effet remplir la part de son contrat et aider les nains à entrer dans la Montagne solitaire, demeure de Smaug, pour lui enlever la pierre.Le film commence et première peur : on ne se souvient plus de ce qui se passe dans le premier Hobbit. Quelques secondes suffisent pour nous rassurer : on s’en taponne, car il ne s’est rien passé dans le premier opus (Bilbo trouve l’anneau et c’est à peu près tout ce dont on se souvient) et il se passera à peu près rien non plus dans le deuxième.

Bon, c’est mal parti mais au moins on s’attend à en avoir plein les yeux de décors somptueux, mélange subtil entre des prises de vue réelles en Nouvelle-Zélande et de retouches numériques. A défaut de regarder un film intéressant, on aura un film distrayant.

Dès les premières images, une révélation : mais que c’est laid, par les cornes du Ballrog ! Les décors sont limites mais c’est surtout l’animation des personnages, notamment des Elfes et des Orcs, qui est très moche : on dirait un (mauvais) jeu vidéo. Alors certes, l’aventure de Bilbo s’adresse en particulier aux enfants, mais cela ne justifie pas pour autant une animation aussi pourrie, un visuel aussi bas de gamme et … trois films. Pour justifier d’ailleurs cette trilogie, Peter Jackson rajoute des scènes (comme celle avec les tonneaux) et des personnages (comme l’Elfe Legolas et surtout sa copine ninja-archer), ce qui ne fait qu’alourdir l’histoire de Bilbo et qu’accentuer l’effet de longueur.

Comprenant que je ne vais pas en avoir plein les yeux, on commet alors l’erreur de s’intéresser au scénario. Et là le vide intersidéral. Bon, certes, ils font mumuse avec les tonneaux de vin, certes après l’anneau, Bilbo doit récupérer une pierre pour les nains… mais à quoi bon tout ça ?

Déjà dans Lost, on avait du mal, mais là il faut juste la retirer du casting

Au bout d’un moment, de lassitude ou on s’endort ou on se remémore la première trilogie. La comparaison n’est pas flatteuse : Tauriel n’arrive pas à la cheville d’Arwen, de même que Thranduil avec Elrond. Le triangle amoureux entre Legolas, Tauriel et le nain Kili est navrant et fait bien pâle figure devant la romance entre Arwen et Aragorn. Quant au roi nain, Thorin, pour l’instant, il n’a rien de charismatique à la différence d’Aragorn (qui, certes, avait placé la barre très haut).

Alors certes, il ne faut pas toujours comparer les films entre eux, et il faut au contraire voir les films pour ce qu’ils sont. Ce deuxième opus de la trilogie Bilbo est sans intérêt, quelconque dans sa réalisation (Peter Jackson s’imite lui-même parfois, ça frise le pathétique) et n’a plus aucune originalité. Un gateau indigeste pour pré-adolescent. En fait, Hollywood, à force de remakes et d’adaptations ratées (cf. les Captain AmericaSpider-Man et autres Thor), a inventé un nouveau genre de films : le film d’actions qui sert à s’endormir. C’est simple : un scénario abscons, des combats en veux-tu en voilà qui ne servent à rien, une intrigue tarabiscotée qui ne sert à rien non plus et des personnages à peine caractérisés réduits à de vagues stéréotypes et donc dont on se moque éperdument. Résultat garanti : au bout de 20 minutes, on dort.