Une affaire Lepaon à la CGT ?

Comme il est commode de s’engouffrer dans ce que les médias appellent désormais l’affaire Lepaon, secrétaire Général de la CGT. Son appartement de fonction aurait nécessité une rénovation pour un montant de 130 000 euros, un projet de cave à vin et de home cinéma aurait été évacué dans un deuxième temps.

Tous les ingrédients sont, semble-t-il, réunis pour ajouter à tous ces scandales qui ne cessent de s’accumuler, celui du secrétaire général de la CGT. La manœuvre est ignoble et indigne, comme nous sommes bien loin du compte secret en suisse d’un certain ministre du budget (Affaire Cahuzac), ou de tel secrétaire d’état, dont on découvre qu’il ne paye pas ses impôts (Thévenoud), ou pire l’affaire Bygmalion etc…

. Bon, quel est le sujet, celui de la rénovation d’un appartement de fonction, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. La meilleure preuve que nous sommes dans une opération de manipulation et de tentative de déstabilisation de la CGT, c’est que ces informations sont tronquées et truquées.

Notons quelques points rectificatifs et significatifs :

– La surface n’est pas de 120 m2, mais de seulement 79 m2

– Le coût des travaux est de 105 000 euros et non pas 130 000 euros

L’affaire vaut-elle que l’on entonne le trop fameux « tous pourris » ? Non, certainement pas. Car s’il y a eu faute, celle-ci est sans aucune mesure comparable.

Rendant compte de l’affaire, dont Lapaon dit clairement qu’il l’a apprise par la presse, devant le parlement de la CGT, il reconnait une « faute collective » et s’en explique dans un processus de décision qui n’est pas acceptable. Il parle clairement « de failles majeures dans le fonctionnement interne de prise de décisions».

Cette décision de travaux, n’a pas été débattue, ni même été validée par aucune instance de décision de la CGT. Elle a été prise, à tort, dans l’urgence. Le choix de Vincennes s’est fait par proximité du siège de la CGT à Montreuil.

Pour ceux qui ont été amenés à faire des travaux de rénovations complètes dans leur appartement, jugerons que l’enveloppe de 105 000 euros pour une surface de 79 m2 n’a pas été correctement négociée …, une base de 80 000 euros (soit 1 000 euros le m2) aurait été plus justifiée. Encore une fois, pas de quoi s’indigner.