Viens ma belle, viens ma gazelle…

Quel animal gracieux, que la gazelle ! Je comprends mieux pourquoi, au Maroc, les hommes surnomment les dames « des gazelles ». On dirait de jeunes demoiselles apprêtées pour leur premier bal. Sauf qu’il y a des gazelles-garçons.

C’est, et de loin, l’animal le plus fréquent dans cette savane ougandaise. À chaque virage, sa tribu. Elles ne sont pas le moins du monde dérangées par les véhicules. Il faut dire que nous roulons tranquillement. L’idée, c’est de perturber le moins possible. D’ailleurs, nous ne croiserons ou n’apercevrons que peu de voitures, durant notre virée.

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Lui, le deux cornes à rayures, il a une tête de garçon. C’est le seul type de gazelles que j’ai vu qui devraient changer de genre. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette impression, mais il n’a rien de féminin, ce bestiau-là. C’est curieux, ce rapport à la féminité, ou à la masculinité d’ailleurs, qui fait qu’on attribue un genre aux animaux. Bien des langues les tiennent neutres. Nous, avec le français, nous les affublons de nos sexes par une surprenante contorsion anthropomorphiste.

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La plus jolie à mon avis, c’est elle, celle qui a les oreilles décorées comme des feuilles, avec des nervures. Elle est toute petite. Je me souviens qu’Hassan, notre guide, nous les a toutes présentées, mais comme elles ont des noms du coin, autant dire qu’ils se sont envolés depuis longtemps.

Celle-là, elle m’évoque plutôt le méchoui pour lions et léopards… Dodue, ventrue, poilue. C’est à ça que servent les gazelles ! Damned ! De gibier pour grands carnivores. Et la savane est leur garde-manger.

N’empêche, au cours de ce périple, j’ai découvert les possibilités de mon appareil photo. Et les gazelles m’ont servi de cobayes.