Avis de tempête : rebellion généralisée contre Hollande et le Gouvernement Valls

La situation politique et institutionnelle de la France se complique, dans un climat économique délétère. La gauche n’a jamais réussi à clarifier sa stratégie entre son aile réformatrice et sociale démocrate et son aile gauche, encore engluée dans les années 70 et nostalgique du programme commun. François Hollande est arrivé au pire moment, il hérite d’un effroyable avis de tempête.

Victime, il l’est sans aucun doute et ne mérite pas autant d’opprobres. Jamais un chef de l’exécutif n’aura eu à faire face à autant d’adversité ! Un bilan comptable et social désastreux laissé par son prédécesseur, une crise économique et financière endémique, un pilotage européen par l’Allemagne contraignant, une gauche divisée et surtout impréparée à l’exercice du pouvoir et des partenaires politiques peu sûrs, voilà l’environnement dans lequel François Hollande doit avancer.

Qu’il est commis des erreurs d’appréciables, indéniable, qu’il se soit engagé dans des promesses (l’inversion de la courbe du chômage) intenable, c’est certain, mais pour autant rarement un gouvernement n’aura entrepris de tels efforts de rigueur budgétaires et de baisse des dépenses publiques.

Mais l’effort est encore devant nous, il est considérable et devrait susciter une mobilisation générale. Le vote Hollande de 2012 était l’assurance de maintenir tant bien que mal le système d’assurance social du pays.

C’est bien le cas : assurance chômage, système des retraites, système de santé, aide au plus démunis, quoiqu’écorné, l’ensemble tient encore la route.

L’aide à notre système productif est une priorité, il est en mouvement, mais il faut encore du temps pour en mesurer les effets. Avec une croissance encore au plus bas, l’objectif de lutte contre le chômage n’est pas atteint … et c’est sur cette ligne là qu’il est et sera jugé. Les forces réactionnaires sont déjà en mouvement, le grand patronat et l’UMP avec un programme politique sans pitié : fin des 35 heures, réduction des allocations chômages, remise en cause des retraites et suppression des protections des salariés … Voilà les véritables enjeux. Hollande est la dernière chance de la gauche, dommage qu’Arnaud Montebourg ne l’ait pas compris.

L’avis de tempête est à son maximum avec un Président en prise à une rébellion généralisée de ses propres troupes. Qu’il soit difficile pour les français d’apprécier cette situation, quoi de plus compréhensible, mais que des hauts responsables du PS ne le sachent pas, c’est assez difficile à avaler.

A l’effort général qui devrait être consenti, ce sont des petits marquis qui se mettent à la manœuvre, avec de bas et sombres calculs politiciens, les yeux rivés sur d’improbables échéances électorales.

Le sort du Président, et au-delà de sa personne, notre propre sort est entre les mains de la majorité PS du parlement. Le débat ouvert par Montebourg et ses piètres alliés est un faux débat. Qui peut croire que François Hollande ne porte pas les espérances de la gauche, pour quelles raisons serait-il devenu le porte parole du patronat ? Il est à la manœuvre, actions millimétrées pour relancer l’activité et donc l’emploi, tout en préservant notre système de protection.

S’il échoue, les portes seront ouvertes pour les pires aventures, celle d’une droite qui annonce la couleur jusqu’à la crise institutionnelle (refus d’une cohabitation) ou pire la voix royale à l’extrême droite.

Encore un effort … jusqu’en 2017 pour maintenir au pouvoir les derniers artisans d’une solution raisonnée à la crise.