Des bénévoles chez Leclerc pour vendre du FirefoxOS, est-ce bien sage ?

Je ne peux pas m’empêcher de reprendre cette news issue de MozillaZine. Une véritable opération de communication a été montée par les bénévoles de la communauté Mozilla française pour aller vendre les mérites de FirefoxOS. Opération d’envergure vue le nombre de magasins Leclerc concernés. En effet, on peut y acheter le fameux smartphone ZTE Open C sous FirefoxOS dont au grand désespoir de Cyrille Borne personne ne parle sur la toile.

Cette information suscite plusieurs sentiments contradictoiresen moi. Au premier abord, je me dis chouette, bonne idée que d’aller au-devant du grand public pour “vendre” du logiciel libre.

D’un autre côté, je me dis, “Mais bon sang, ont-ils au moins négocié une commission sur les ventes ? “. Là normalement, je dois me faire traiter de capitaliste, d’obsédé par l’argent, etc. On va me dire qu’il n’y pas que cela, que ce qui compte, c’est que les gens utilisent du libre, etc. Mais voilà, le logiciel libre manque tellement de moyens y compris financier que bon….

Le travail de bénévoles permet ici à une entreprise privée de faire des ventes et de bénéficier d’une animation gratuite. La moindre des choses est qu’il y ait une contrepartie. Mais peut-être existe-t-elle, peut-être cela a-t-il été tenté, il n’en est pas fait mention.

Le travers de ce genre d’opération, c’est que je vois bien les requins des grandes surfaces se frotter les mains. La prochaine opération ne sera-t-elle pas à leur initiative ? La bonne aubaine que ces commerciaux gratuits non ? Et quand bien même, me dira-t-on, si cela les incite à vendre du libre en supermarché en échange de la présence de bénévoles !  Oui, oui… Mais si ça se généralise, le logiciel libre aura gagné de nouveaux utilisateurs et les vendeurs salariés en grande surface auront disparu remplacés par des bénévoles.

L’initiative reste à saluer et part d’un indéniable bon sentiment. Je vois le mal partout, je m’affole pour rien comme toujours Mais surtout, ne faisons pas de cadeaux aux représentants d’un monde qui se fiche bien du logiciel libre (sauf si ça lui rapporte).