Faut-il sous-traiter la gestion des prisons en France?

Vous pensez peut être encore que la gestion des prisons est une tache régalienne des états, et de l’état français en particulier. En fait c’était une tache régalienne qui l’est de moins en moins et que l’on confie de plus en plus à des sociétés de services suivant des modalités qui évoluent rapidement vers de plus en plus d’intégration de la sous traitance.

Vers la gestion des prisons en sous-traitance?

Ca a commencé par la restauration, ce qui explique pourquoi les sociétés de restauration sont plus particulièrement en pointe dans cette activité, puis ça s’est étendue à la construction de prison en Partenariat Public Privé, PPP,ce qui évite de recourir au budget capital, puis à une gestion de plus en plus complète et étendue et maintenant à la sous traitance d’activités industrielles pour fournir des travaux à exécuter aux prisonniers. C’est vrai en France mais aussi un peu partout dans le monde et pour les mêmes raisons, éviter le recours au budget cash que l’on transforme ainsi en loyer et contrat de services.

Prenons le cas de Sodexo, l’un de nos grands des services de restauration. Il a crée une division spécialisé dans cette activité, Sodexo Justice Services qui va de l’accueil des familles, des transferts de détenus, de la maintenance des bâtiments,de la gestion des déchets et de la formation des détenus jusqu’à la gestion des ateliers mis à la disposition des établissements.Bref, un éventail complet de prestations.

Sodexo Justice Service gère dans le monde pas moins de 122 prisons dont 34 en France et avec des services qui vont de la restauration simple (Pays-Bas, Espagne), à la formation ( 600 000 hrs en France) en passant par la surveillance des détenus en Grande Bretagne. Elle réalise un chiffre d’affaire de 700 millions d’euros avec 6500 personnes employées dans le monde dont 100 en France. Un employeur important donc.