Le grand public n’a pas envie de changer ses usages pour « la même chose mais »

Je viens de gazouiller l’article de Laurent Chemla contenant cette phrase et m’apprêtait à me lancer dans d’autres activités. J’ai alors repensé à mon dernier article.

Pour resituer le contexte de cette phrase, elle fait partie d’un article dans lequel le créateur du projet CaliOpen tente à nouveau de l’expliquer. Il semblerait que ses propositions soient floues et mal comprises créant ainsi autour d’un projet une vague de scepticismes. Il est vrai que l’on ne peut encore rien « voir », ce qui peut rendre la compréhension plus difficile. J’y reviendrais, mais même s’il y avait quelque chose à voir cela ne changerait peut-être rien.

En ce qui me concerne, je fais un gros plus 1000 pour cette initiative dont l’approche me semble particulièrement pertinente. Les canaux de communication sont devenus nombreux. Nous conversons avec une même personne parfois par des canaux différents : par email, par un gazouillis, un message privé Facebook, etc.

Je rêve et je ne suis pas le seul de cet outil qui unira tout cela au travers d’une seule interface. Thunderbird a essayé d’apporter une réponse à cela, mais elle reste pour l’instant bien embryonnaire avec l’intégration de certaines messageries instantanées. Mais cela reste loin du compte.

A ce jour, c’est effectivement CaliOpen qui me semble avoir la proposition la plus proche de ce que j’attends. Avec l’avantage de proposer une notion de « niveau de confidentialité » qui permettra de choisir le canal de communication adapté. Pour un geek comme moi, cela n’est pas indispensable, mais je pense que pour le grand public cela peut faire une grande différence.

Je ferme cette parenthèse sur CaliOpen pour en revenir à la phrase. Ce que dit là Laurent est pour moi emblématique de ce que devrait comprendre le logiciel libre. Ce dernier est souvent qualifié de suiveur, car il doit sans cesse refaire ce qui existe déjà dans le monde propriétaire. Il arrive que le logiciel libre soit en avance, mais c’est bien souvent dans le domaine des briques techniques et du mouvement de l’open source finalement souvent récupéré par des solutions fermées et privatrices. Les applications réellement libres à destination de l’utilisateur final ne sont « que » des solutions de remplacement. Indispensable certes, mais insuffisant pour réellement faire progresser le logiciel libre dans son usage.

Je me suis souvent entendu dire à propos des environnements immersifs 3D et de leurs usages que ça ne marchera jamais, car les gens ne savent même pas se servir d’une souris (sic !) alors d’un avatar que l’on déplace avec les flèches de son clavier…. Ces mêmes gens ont bien été capables de s’approprier les interfaces tactiles des tablettes et smartphones sans pour autant générer une vague de décès par excès d’usage de leur cerveau… Cessons donc de prendre les gens pour des idiots incapables de faire l’effort de changer et donnons-leur une raison de le faire.

Cela passe par « autre chose ». Un autre chose qu’il est parfois difficile à comprendre, y compris par ceux qui « savent » et pensent que les autres « ne peuvent pas comprendre ». Un point important dans la phrase de Laurent que j’ai bêtement coupée dans mon gazouillis : le « mais ». Car il y a un mais : ce qui existe et qui fonctionne et sur quoi il faut s’appuyer.

CaliOpen ne veut pas réinventer un énième protocole de messagerie tellement plus balaise et sécurisé que les autres mais utiliser ce qui existe déjà pour pouvoir ensuite l’améliorer. Cette démarche-là, j’y souscris et elle rejoint également celle que l’on applique chez Meza|Lab. Réunir tous les petits bouts pour en faire une suite cohérente et intégrée.

En conclusion, que Laurent ne « lâche » pas l’affaire, je reste et j’ose le dire sans avoir vraiment creusé le sujet instinctivement favorable à l’approche choisie par le projet CaliOpen, dont j’espère je pourrais un jour proposer une instance dans ma palette de prestations  En tout cas, je m’inscris sur la liste des alpha-testeurs